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Saturday, November 23, 2013

JFK : 1963-2013


L’Automne De Tous Les Requiem


par Dr Frantz Bataille, 


ancien directeur du Petit Samedi Soir

1                         L’automne 1963  fut triste à la Maison Blanche, écrivit dans ses Mille jours de JFK, l’historien Arthur M. Jr Schlelinger, peu de jours après Dallas. Mais, bien avant l’automne, le  fatidique compte à rebours avait déjà commencé.

D’abord en Haïti. JFK avait bien sur rappelé sa flotte des eaux territoriales haïtiennes, à l’instigation du General de  Gaulle qui, deux ans auparavant, à la fin du printemps 1961, l’avait royalement reçu lui et sa ravissante femme Jackie B. Kennedy à l’Elysée. En mai 1963, JFK avait presque intimé l’ordre à François Duvalier de vider les lieux. Ce dernier avait tenu tète. La presse américaine déjà  tiède sur la politique caraïbe,  Le NY Times avait non sans ironie opposé la magie noire de Duvalier à la magie rouge castriste. En pleine guerre froide, ces métaphores du NY Times valaient ce qu’elles valaient, laissant planer très peu de doute sur les réels dangers que courrait le back yard américain. Duvalier s’en tirait donc à bon compte et à peu de frais.  Il avait même pris sur lui l’initiative de se défaire de Raymond Thurston, le maladroit représentant des USA.

C’était déjà l’été, un été qui promettait d’être plus chaud qu’il ne fallait. Surprise de l’histoire, la question noire, toute pâle qu’elle fût dans la vision de la Nouvelle Frontière, thème cher au successeur de Dwight Eisenhower, allait néanmoins  devenir le talon d’Achille d’une Amérique avide de renouveau et d’idéaux. Le 22 août, un jeune pasteur noir, Martin L. King jr organisait sa marche sur Washington. Ce jour-là, en présence d’un fleuve humain qui continuait de couler, malgré les chevauchées nocturnes du KKK et les flammes qui léchaient les forets  de l’Alabama, le « I have a dream » du pasteur annonçait comme la fin d’une ère et l’avènement d’une autre. Sur fond de non violence, le pasteur croyait que les droits civiques d’une Amérique démocratique ne pouvaient plus attendre. Le recevant peu de temps après ces paroles, JFK répéta en souriant   le leitmotiv «  I have a dream…I have a dream ».


L’automne Dominicain

                L’Amérique en avait assez déjà chez elle ; ses aventures haïtiennes et caraïbes ne pouvaient être que secondaires, malgré le péril cubain. Héritant d’un dossier qui était bien celui d’Eisenhower, Kennedy avait montré une certaine hésitation à franchir le  Rubicon, ce qui lui avait valu bien des critiques, lors de l’affaire de la Baie Des Cochons. Mais, en août 1963, la question noire et des problèmes intimes pesaient autrement sur les épaules du jeune président. Le 2 août, un nouveau né Patrick Bouvier Kennedy n’avait survécu que deux jours, au grand désespoir de  sa femme Jackie. On vit aussi le président s’éponger les yeux. Mme Kennedy n’en pouvait plus d’autant qu’on prêtait bien des aventures extra conjugales à son mari. Un mémorialiste raconte que de ce chagrin intime, date la fin de ces faux pas  de notre «  presidential wominizer ».

Jackie Kennedy alla pleurer son deuil, en pleine méditerranée, à l’invitation d’un fameux amateur qui s’appelait Aristote Onassis. Il était riche ; il aimait le risque ; il était grec.

En vain, JFK s’était-il opposé à cette escapade.

La mer, encore moins la Méditerranée, livrera-t-elle un jour ses secrets. On rapporte que, furieux de cette croisière sur la Mer Egée, le président rongea son frein. Il envisagea même le pire. Lequel ? On l’ignore, quoi qu’en disent les mauvaises langues. Mais, le président n’eut pas le temps de trop y penser. Les hommes d’état ne s’appartiennent pas. Mme Kennedy pleurait encore son nouveau né que la politique  revenait à l’agenda. La Caraïbe en plein mare nostrum américain menaçait de s’agiter chez Juan Bosch . Il n’en fallut pas  plus pour que JFK demanda à son ambassadeur John Bowles Martin de remettre les pendules à l’heure. Ce qu’il fit avec l’église catholique, le colonel ‘Wessin y Wessin et les milieux d’affaire dominicains. C’était le dimanche 25 septembre 1963.

En Haïti, le dos vouté, F. Duvalier se contenta de sourire, en montrant une dent en or qu’il avait du côté gauche de  la mandibule inférieure.

L’automne dominicain n’allait pas clore le chapitre de cette politique dite de nouvelle frontière. En Asie du Sud Est, au Sud Vietnam, la présence américaine obéissait aux aléas et aux tours de valse d’un  Nord dans les bras d’une  Chine qui déjà  se réveillait. Les dominos du     ministre de la défense  Robert  McNamara que JFK considérait comme le « star of his staff» menaçaient de se succéder en se ressemblant. JFK se trouvait contraint de ne plus faire dans la dentelle. Le 2 novembre de l’année 63  finissant,  le président du Sud Vietnam Diem rendait le dernier soupir abattu et enterré non loin de la résidence du diplomate américain en poste a Saigon
           
            50 years of guns

                    Sur ces entrefaites, malgré sa fermeté lors de la crise des Missiles (1962)  et le soutien du sous continent américain, les faucons déjà si hostiles lors de l’équipée de la baie des cochons, JFK se heurtait  presque sans le savoir à la maffia italienne à laquelle son frère bobby enlevait le sommeil. Le président s’en inquiétait  lui-même.  Vers la fin de novembre, JFK montrait des signes de rapprochement avec Fidel Castro, au point qu’il avait demandé à Jean Daniel  du Nouvel Observateur de le voir à son retour de Cuba. Jean Daniel apprendra à la Havane en compagnie de Fidel la tragédie de Dallas.  Mais, c’est surtout les mots du général Douglas Marc Arthur qui résonnent encore comme un avertissement à l’occupant de la maison Blanche. C’était en avril 1961, aux lendemains de l’échec de l’invasion de Cuba. Douglas aurait déclaré  à Kennedy selon M.Theodore Sorenson de son cabinet privé, ‘The chickens are coming home to roost, and you happen to have just moved into the chicken house.’"

  
Paysage d'automne
Ainsi, beauté et légendes sur la Méditerranée, tragédies, deuil intime, mésaventures caraïbes, le sang de Diem, dans un Vietnam appelé à se forger une identité dans la jungle, complexe militaro- industriel que dénonçait un Eisenhower sortant, tout cela servira de toile de fond a ces « 50 years of guns » dont l’épisode de Dallas, Texas reste le plus retentissant  de toute l’histoire.




           
 Hyde Park, Mass
23 Novembr 2013


Bibliography

A Thousand Days: John F. Kennedy in the White House,
Arthur M. Schlesinger Jr
Boston:Houghton Mifflin Company, 1965


In George Bush: The Unauthorized Biography, authors Webster Tarpley and Anton Chaitkin say that, in 1961, MacArthur warned President Kennedy of a plot to destroy him: .... Kennedy met MacArthur in...April, 1961, after the Bay of Pigs. According to Kennedy aide Theodore Sorenson, MacArthur told Kennedy, ‘The chickens are coming home to roost, and you happen to have just moved into the chicken house.’"




PHOTOS D'ARCHIVES

Le cortege presidentiel

A l'arriere, le couple presidentiel et au siege avant,
 le gouverneur du Texas et Mme John Cornally
Le vice-president Lyndon b. Johnson,
 pretant serment a bord de Air Force One

Saturday, November 16, 2013

PEOPLE & RACES IN AMERICA

KEEPING THE DOMINICAN SOUL ALIVE

T
here are more than one way to fell at home when living thousands miles away. In Washington Heights, NY, NY Dominican people show us how.

An enclave of more than 50.000 , Washington Heights situated by the Hudson River at the foot of the towering “Fort Tryon” is the house of the Dominican soul, so to speak. There Spanish speaking people have a way of living in America that can be at a glance embarrassing. Put aside, youths sill in their teens about to jump into the NY mainstream, middle-age adults feel at ease to buy, sell and bargain in their native language. However confusing this state of mind can be, it is interesting to observe how insignificant the language barrier is, when making busing is a matter of earning a living.   The Dominican Washington heights want a bigger bite in the big apple. This is what is being witnessed at the Dominican Allianza.  After all, the legendary big apple is endlessly providing the needy and immigrants. That‘s what America  is a land of opportunities in exchange of a slow moving Americanization.


Washington Heights is part of the landscape. But, when getting to the core of St Nicholas Avenue renamed Juan Pablo Duarte after a Dominican patriot from the 19th century, we understand that now this vibrant Dominican Diaspora wants more than identity. There are thinking now in terms of legacy. That s already at work, otherwise, what’s for when el Malecon, el Conde, 27 Febrero want to be a replica of Santo Doming restaurants. You’re still served  comida criolla, arroz con polio and asked whether the ordern es pare llevar, by smiling and nice ladies and muchachas. A show still worth a longer look

Sunday, November 10, 2013

CARRIBEAN FAREWELL

A Caribbean farewell

Carribean Sugar Plantation in the 19th century


January 24, 2008

Something has started vanishing in the Caribbean.

A long time renowned as well as a passageway- where Spanish warships along with conquistadores lured by mirages and myths fought pirates and a battleground for 18th and 19th century colonial metropolis and   belligerent sea powers- the Caribbean now is moving into a new economic order. More than one system had settled there in a kind of sequential series, namely slavery, plantation economy, capitalistic venture and socialist model. In the coming years, no doubt that some clandestine economy would still endure . But chance are  that the next  model would probably take a more acceptable face.

Growing population  in search of a living already convoy and trigger the move from an entrepreneurial Caribbean is turning its back to epic times and show more openness. In other words, this region is modeling itself on the northern pattern. The West Indies are following into the footsteps of the American way embodied beyond the Wind passage by the State of Florida  regarded by many as  the Latin America capital .
haitian Tourism Minister at Ile a Vaches, off Les Cayes
perspective. They push a way or another one to more work division. A land provided with bauxite, oil and crop farming, the

Historically, 90 miles off Floridian coast,  the Cuban  missile crisis of the 1960s happening in the aftermath of the Castroist triumph in 1959 represent an enduring challenge and a cold war left over, which many still resent, mostly on the American side. Cuba now at its Castroist twilight belongs more to  past at a time when its bread basket is located at Miami. Its questioning future sounds like a global concern. Whatever the outcome might be, the Caribbean  islands rosary sprawling from the Florida peninsula to the Mexican Yucatan Channel has more to do with human needs than ideology. Almost 50 millions are expecting to meet the monthly  ends and master their future, most of the times,  by crossing the Rio Grande or relying on money transfer.

That way, the Caribbean is looking at open seas.  West Indies countries  in fact used to await for new comers as history witnesses it, but in economic terms, the regional trade that helped them support each other has grown in the sixties and seventies to reach out more strong partners. Crop,  Haitian coffee and mangos,  Dominican sugar, let alone the Cuban one, weigh a lot in the income of these farming based- countries  and the like. At the turning of the 80s and the 90s, the Colombian cocaine also headed North in seeking better market. It would be not surprising that Latin population and Caribbean immigrants follow a few time later. The  so-called under earth economics  and the clandestine immigration even in our times still unveil the every day aspects of the Caribbean life.

But, to be a passage way strategically important, the Caribbean still reminds the cold war memories  where once  the conflict west/East was on the verge to break out. Has  its fate been to serve as a battle ground through history?  Such question no longer prevails, for the Caribbean is now more keen to get a life  rather than  to fight.
  

While looking at the North  where they long for  a better life, Caribbean populations  are also eager to make it locally. First at all in tourism.  Starting in the 50s, tourism  continues to represent a good part of the West Indies budget. In Haiti, even though there has been recently a decline in the cruise, handcrafted articles put the bread of the poor middle class while evoking the golden age of Haitian tourism. But, it  is Santo Domingo that is displaying  the brand new names of hotels lining the renowned Malecon, such as  the famous Sheraton . From the 70s to now, a worthy part of the Dominican GNP is being drawn from the tertiary economy.

So, the bridge is setting up between these sunny islands and the North.  At winter, as it is said, there is nothing comparable to  luminous beaches and fun along the sandy Caribbean coasts.
Another way to say that the Caribbean is finding out its niche in the coming globalization. There are more than one country to have specialized  in the tourism economy. The best examples so far seem to be the Bahamas Islands and the Netherlands ones, both of them reputed for their banking. As well come in mind the Cuban Batista times.

We are watching a big move. Needless to mention that the Caribbean is still a dependant region due to its geography and history. The Caricom the ambition of which is to reduce this dependency has its policy aimed at strengthening  regional economy, but resources and the law of comparative advantages inspire more pragmatism.  Sugar, bauxite, oil are far from a panacea although they create fairy tale mirage. These peripheral economies are at risk to drag behind at a time  they have to cope with  needy mobs and far away determined prices. So?

In the coming years, the Caribbean would further  integrate  the mainstream of hemispheric economic. Its location between the Americas make it a kind of ideal passage and a point of observation for the back and forth   around  as well the Panama Canal  as  the rest of continent.  The speeding urbanization and gentrification of the Caribbean countries is nearing the Northern lifestyle, given the expanding net   and the move this  expansion is provoking. As regional economics tend to be less rural, hotels  and tourism rises as  an alternative. What sugar and bauxite were in the fading 20th century, resort and mine industry promise to be so.  The surge  of regional airports  in Santo Domingo and Haiti doesn’t mean only cocaine economy but also  a wait and see of this  Caribbean waving  farewell to the sometimes bitter sugar’s  years while  bridging the North and South  for best or worst.
That’s  why the former pirates paradise is not but history


Mme LUCIENNE H. ESTIME


Femme de President...




Née en 1911 et de onze  ans la cadette de son mari,  Lucienne Heurtelou est une frêle et délicate jeune fille, retranchée derrière les rideaux et persiennes de famille lorsque Dumarsais Estime demanda et obtint sa main pour des noces que Stenio  Vincent conduisit à la chapelle de ce palais construit pour une certaine aristocratie dans les années 20. Il  y eut dans cette union bénie à la fois de Dieu et de César  comme l’onction du temporel et du spirituel.  Les destins ne se laisseront  pas prendre au dépourvu. En  1946, Stenio  Vincent pouvait encore  méditer sur la vanité des choses humaines dans sa retraite de PV, mais au palais,  la  vague qui monte n’a rien à voir avec l’ordre instauré au départ par l’occupant. Le président Estimé, protocole oblige, sacrifiait aux mondanites et à un  monde connu pour  ses sourires métalliques, mais, sur les marches du palais, massés comme au pied des idoles païens, des milliers d’affamés attendaient un miracle que l’on croit etre  dans la nature du pouvoir .  Qu’allons nous faire pour eux, s’effondra  en sanglots le président élu ? Larmes qu’une  délicate épouse épongea. Ne pouvant répondre aux attentes individuelles, Estime tenta d’offrir un rêve et une vision  à l’ensemble de la nation.


Il  s’attaqua  d’abord au paysage dans l’espoir que demain les jeunes trouveraient    un socle à leurs  nostalgies, un cadre  à leurs rêveries,  et  un climat à leurs évasions.   Il le fit sur ce front de mer de la basse ville, là où depuis toujours, les navires venus de loin amenaient soit les autorités  de St Domingue, et  avec  les filles et les mauvais garçons de  Paris, soit leur cargaison de nègres. Fort Saint Clair et la Croix des Bossales, milieux réputés interlopes,  recevaient  tout ce qu’il  y avait de distinction  mais aussi le troupeau sans cesse grandissant  des hommes aux couleurs de la nuit. Aux fêtes du Bicentenaire,  un coup de balai unique  fit basculer ce mélange dans la poubelle de l’histoire. Aux bras de son épouse, Estime fit quelque chose qui tient à la fois du miracle et du mirage. Il fit surgir des fontaines, des espaces verts et des constructions  battant pavillons étrangers. Ce devait être aussi bien une invitation à la beauté  qu’une réponse au reste du monde.  Les témoins racontent encore  que ce fut incroyable.


Il est indéniable que la gloire de son illustre époux rejaillit sur cette femme née peut être  une cuillère à la bouche  et que rien ne prédisposait à ces choix prolétariens qui ajoutent une auréole posthume au paysan des Verrettes, expression chère au vocabulaire duvaliérien. Mme Estimé eut alors le privilège d’assister et de participer à  cette renaissance haïtienne faite de béton et de verre dans un  quartier  où l’histoire semble ne pas vouloir mourir. Imaginez.  Plus d’un siècle auparavant, la où les colons inquiets des troubles de St  Domingue partaient avec leurs esclaves  à destination de Cuba ou de la Nouvelle Orléans,  la volonté d’un homme d’état tentait de montrer qu’il n ‘y avait pas que la bête chez  l’esclave et chez ses descendants. L’apothéose , même dans la déchéance, reste une dimension à la portée de l’homme, fût-il noir ou  jaune, blanc ou rouge.  En 1949, la première dame se trouvait être  partie prenante d’un rêve qui était plus grand que la vie.


Plus qu’une affaire de famille

Mais,  la  gloire n’est pas seulement le deuil  éclatant du bonheur, elle  suit   également un cycle solaire,  c'est-à-dire qu’elle se lève et se couche pour tout dire. Le rideau était a peine tiré sur les festivités du Bicentenaire que les militaires firent comprendre à Estime que rien n’était sur à Port-au-Prince, que pour avoir perdu le contrôle de la situation, il savait ce qu’il lui  restait à faire.  Isolé dans son palais, le président ne se le fit pas répéter deux fois. En apprenant la nouvelle, Adeline Heurtelou qui se trouvait être la secrétaire et la sœur de la première dame, eut le souffle coupé. Dans l’après midi, tout était fini. Mme Estimé se souvient de ces dos épais de ces hommes en kaki qui mirent fin à cette exaltante expérience du pouvoir. Mais, il en a toujours été ainsi de toute fin  de règne.

Une énigme qui commence à peine à se dissiper devait restée attachée  à cette époque. Le colonel Paul E. Magloire  à qui l’on prête l’initiative de ce pronunciamiento s’en défend  avec  une grâce bon enfant .  Mais, les  traditions notamment orales  ont la vie dure. Mme Estime se gardera bien de se retrouver  face à face avec le tombeur de son mari, même lors des funérailles grandioses que fit à l’ex président le colonel à l’air de plus en plus christophien. Mme Estimé, qui ne suivit pas le cercueil du disparu,  se barricada derrière une dignité impériale et une suffisance que l’on trouvera  longtemps après de bon goût. Cependant, elle fut honnête et conséquente à elle-même, quand, en aparté, elle innocenta le colonel Magloire dans la mort de son mari que la rumeur publique tint  pour mort d’empoisonnement . «  Mon mari est mort d’urémie » soulignait-t-elle. Le président Estimé ne se faisait non plus aucune illusion sur son sort. «  Je suis un cancéreux » confiait –il une fois à Julio Jn P. Audain, l’auteur des  Ombres d’une politique néfaste.

La méfiance de l’ex-presmiere dame  à l’encontre des militaires ne disparut pas pour autant.  Les conversations de famille en sont un témoignage vivant.  Selon une version très controversée du coup d’état de mai 1950, épié et piégé dans son palais, Estime aurait cédé à la menace d’un canon de pistolet que lui colla à la tempe le lt Philippe Dominique, allié aux Heurtelou.  Philippe Dominique qui viendra mourir aux Casernes Dessalines, le 29 juillet 1958 constituait déjà avec Alix Pasquet le noyau des officiers acquis à l’étoile montante du Nord qui n’était autre que  Paul Magloire. Pour avoir joué ce rôle, aux dires de Luco Dominique,  marié à Adeline Heurtelou,  Phito Dominique s’était un peu  aliéné l’estime de ce monde.

Philippe Dominique, un des frères du flamboyant Jean Dominique assassiné sous le gouvernement Lavalas en avril 2003 était un soldat qui, par définition, ne se connaît pas aux choses  de la politique. Eût-il  appliqué son pistolet à la tête du président qu’il aurait été encore dans le devoir. Mais, la république des familles ne l’entend pas ainsi. On peut dire aujourd’hui que le coup contre l’homme des Verretes dépassait le cadre des relations   de famille, car il était dans l’esprit du temps. La conspiration était même  dans l’air. En 1949, un tiers de la garde conspirait, selon David Nicholls, historien britannique, et avec la garde, l’église catholique  et la bourgeoisie. L’évêque des Gonaives, qui se touvait etre le plus jeune eveque du monde, Mgr Robert,  donnera le ton en recevant Paul E. Magloire alors en tournée dans l’Artibonite. «  Donnez –nous, Seigneur, déclara le prélat, des hommes de justice et de vérité ».


 Mais, Estimé n’était pas loin  d’être cet homme –là.. 

Wednesday, November 6, 2013

COME & SEE AMERICA

MY BROOKLYN FROM ITS BRIDGE




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THE AMERICAN QUESTION

A FUTURE FOR AMERICA.




W
ould American dream and American values survive terrorism threat in these globalization times?

It is the first time in its history  that America , a country whose inhabitants still long for happiness has so many concerns . The main one evolves around the future.

It is  not because   this future appears cloudy and uncertain. What matters consists of how to envision a reassuring future when at the same time threats hamper the American tomorrows.
These threats occur by the time the almost obsolete concept of the planet village is coming to light. We used to picture this closeness as primitive people and wealthy end up meeting peacefully as if they were racing in some marathon and exchanging olive leaf in the name of friendship and reconciliation. Instead, the wake up to a new world has been launched in violence and killings when the less expected in this morning of the  11 September , 2001.
Since then the world has changed.

America which had paid  the utmost price has been the spearhead  of technology, freedom and an appealing way of life. It used to greet every one committed to the fabled pursuit of happiness that the limitless American dream defines. How can unknown miscreants dare to question this so far mythical dream in a repulsive way of mass killings on behalf of presumed evil gods?

From then and to speak the truth, America has become a very new country, but, this new country is not only afraid of others, it also is afraid of itself. A fear that can erode its values  and its proverbial generosity. The September 11 legacy still spreads worldwide fear and terror. 

Paradoxically, while having their border fallen apart, thanks to the internet revolution, and skype phone system, countries don’t want these borders to be too porous. A wall fence has been built across the Rio Grande. A way to protect itself from the South. Besides, America, even before September 11, used to deal with other concerns. Old questions, old times, maybe. But, to shadow w. Faulkner,  in this future-oriented country, past is not really past. It can even be added that past relics are challenging the future. While worrying about the coming years, America faces a new test of racial tolerance as well as religious one. Will color and race matter anew? That’s what American people is expected to prove. It would be a test of maturity and how much strong is the American democracy. America would have to choose between its beliefs, its doubts and its fear.

But, by now, the main issues go well beyond America itself and its institutions. An open country more and more involved in international affairs, America, the so-called the world watchdog , was said to have answered to the Manifest Destiny. While carrying out peace, sometimes this move didn’t watch out the rising of fanatics and despair that is engulfing despised cultures and destitute areas. September 11 has reminded us a new reality and the unknown.  The world is shrinking but it is doing so by  displaying  new horizons.
This world , as we know, is now borderless. Very soon, we will attend the mix of color, races, beliefs and lifestyle. But, at the same time, this world can also show us its dark side. What the 9/11 hijackers did. They had used  the same tools which announce  the coming of a  cashless economy. How can we live by evil people that are undermining our savings and our quality of life?

That's the American question. 







Monday, November 4, 2013

THE BLACK QUESTION

TREVAN'S SPECTER HAUNTS FLORIDA.

NOVEMBER 3, 2013
ON W 125TH AV , HARLEM IS ANGRY


                                 



IDA

ISABELLA HARRITZ SORENSEN


FALL DANCE 

Isabella Sorensen


SUNDAY, CENTRAL PARK
NOVEMBER 3, 13 

Not only fallen leaves  worth to be watched in  Harlem Central Park .

Imagine a golden backdrop and a lake nearby. At a glance, on this November Sunday while coolness is being settled, such a landscape seems to welcome or worship human beings and that time, a woman still in her early twenties.  Ms Isabella Sorensen could not choose a better place to her rehearsal or special spare time.  As her friend Tania Palomeque put it, photography tries to freeze good memories for the  future or eternity.

There were some ducks sliding silently in the waters. As silently  as Isabella’s body lifting up higher and higher. Her arms are stretching skyward. When she lowers her body, it’s for pushing forward her chest and  breast in a horizontal way. What a flexibility! What an easiness ! only, people said, felines get so much suppleness. Ms Sorensen seems to inherit something from wilderness life without saying noting about  her slender body. Dressed only with a off white bath suit, Isabella’s dance is framing some part of space.

I’ve been watching her desire to fly and her arm lifting figure like people do somewhere when worshiping their gods. Dancing is the way the body meditates, Maya Deren, the Russian –born  filmmaker, said in her beautiful book: the Divine Horsemen. Dancing  has some silent voice on its own. It’s what I was staring at as Ms Sorensen, a Danish woman, was dancing her youth in the Central  Park at Harlem, at 110th  Ave.  A passerby  has been shooting a picture at her.

Born in 1992 at Skive, Denmark, Ms Sorensen told us she has been dancing at 3 in the Danish ballroom. Later on, she became a professional dancer as she was turning fifteen. Now, she is a student at Ailey School in NY. She loves travelling and  living in other cultures with other peoples. That’s the best way to live up her dreams and dancing.

Ms Sorensen’s close friend, the already famous and Spanish-born photograph, Tania Palomeque Guirao, had been taking shots of her.







Tania Palomeque Guiirao 

Friday, November 1, 2013

VIE AGRICOLE

                                      Dans la plaine des Cayes
            La ferme MKB  améliore la vie agricole à Pemerle.

   
J

usque vers le milieu des années 70, l’économie de Pemerle et des sections avoisinantes telles que Picot, Trouillat et même Laborde, reposait sur la canne a sucre. Plus d’un siècle auparavant, le boom sucrier était tel que dans leur correspondance, les entrepreneurs français s’écrivaient les uns aux autres pour célébrer le succès de l’exploitation des champs de canne. Plus tard, vers 1976, le tabac était en passe de supplanter le sucre. L’usine sucrière de Simon avait cesse alors de fonctionner a plein temps.

Les familles agricoles se souvenaient néanmoins du bon vieux temps. Imaginez le chant des hommes dans les champs, la cohue de voix des femmes qui s’interpellaient et les bêtes de sommes se suivant pas à pas le long d’étroits sentiers. Quant aux bœufs, ils se donnaient a cœur joie dans les pâturages. Choses qu’on ne voit plus.

Prés de 40 ans plus tard, aux champs de cannes se sont succédé les vivres : pois,  mais, arbres fruitiers. Ah l’éternelle querelle des vivres et des denrées ! Mais, les choses sont tenaces. Pendant que la révolution du téléphone cellulaire bat son plein dans l’hinterland rural, de jeunes entrepreneurs transforment en la modernisant la vie agricole.

Wesner Jean, aliasToutou,  est un contremaitre, sympathique, actif et entreprenant. « C’est le moteur de notre exploitation », nous dit Manno Bataille, l’un des deux actionnaires de la ferme MKB. Parlant tous les jours a son directeur, Toutou, 40 ans, représente l’un des jeunes de cette nouvelle génération appelée à s’attaquer au drame du monde rural.

Travaillant a titre de manager des entreprises MKB, Toutou qui incarne ce dynamisme naissant du monde rural, supervise le travail d’une quinzaine de travailleurs émargeant tous a un budget de plus de plusieurs milliers de dollars US: ceux qui font la traite, ceux qui s’occupent de plus de 400 manguiers dont la production est déjà retenue par les exportateurs haïtiens de mangos franciques, enfin les travailleurs préposés a l’intendance, autant de bras qui font tourner a souhait les entreprises MKB.
«  Je ne fais rien à l’aventure » souligne a notre attention M. Manno Bataille.  Il continue pour nous dire que la production laitière elle aussi, a été payée par l’Union Européenne » qui apporte une ration quotidienne de protéines a des milliers d’enfants scolarises dans l’aire de Mersant et de Camp Perrin. «  En fait, nos vaches et nos chèvres recréent le monde rural de jadis, mais le cheptel reçoit un meilleur traitement »  poursuit le PDG M. Bataille qui nous remettait une correspondance de son vétérinaire.
M. Renel François, un veterinaire forme a l’ancienne école, connait non seulement la race de ses bovidés,  mais également se soucie de les faire vacciner et d’ajouter des vitamines dans leur ration. Une fois, il avait identifie des cas de charbon et d’anthrax, d’où ses vaccins. Le cheptel développe-t-il des verminoses ? Il sait à quoi s’en tenir. Il fait la même chose en cas d’anémie et son arsenal antiinfectueux englobe les sulfas, la pénicilline et les tétracyclines. M. François est un spécialiste de grande envergure.

On ne peut le nier quand cet homme efface qui va de localités en localités, accomplit cette silencieuse tache de vétérinaire dans le monde rural. Il faut le voir souligner et noter sur du papier ce qu’il faut de légumineuses et de céréales a la bête comme il appelle ses quadripedes. Il connait dans le détail ses bêtes et son dossier et prévoit même comment prévenir la disette et le manque à gagner en cas de « mauvais temps ». Ce sacre veterinaire, on ne le rencontre pas tous les jours.

La Ferme MKB est un modèle à reproduire.

A l’autre bout du monde, dans le Massassuchetss, le bras droit de M. Bataille n’est autre que Yves Mie Fantal. M. Fantal est de ces techniciens qui représentent le « power behind the desk ».Lui, il voit plus loin.
« Penses –tu que MKB pourra un jour ressusciter l’ambition de la beurrerie du Sud ? C’est la question qu’il posa une fois à Globe Aventures comme on parlait un peu d’un aspect de MKB.
En attendant, MKB apporte un regain de vie dans cette portion des habitations coloniales notamment à Pemerle, évoquant la belle époque des Charlot Dennery. On voit encore non sans nostalgie ce qui reste de sa  grande propriété  justement au carrefour Pemerle.
Ruines de l'Habitation Pemerle

MKB, Le Cheptel Bovin

Tuesday, October 29, 2013

LA QUESTION HAITIENNE

COMPRENDRE FRANCOIS DUVALIER


LEGER FELICITE SONTHONAX
Le president Francois Duvalier



P
our comprendre François Duvalier qui a dirigé Haïti de 1957 a 1971, il faut se rappeler  que la seconde moitié du 20 ème annonçait, qu’on le veuille ou non, le commencement de la fin pour la société traditionnelle ou pour mieux dire l’agonie de la société post esclavagiste ou de ce qui en était le résidu. A ce compte, François Duvalier se présente à la fois comme un homme du passé et du futur.

Par une de ces fatalités dont l’histoire semble avoir le monopole, la société haïtienne a trainé pour le pire cet héritage du passé qui n’est autre que l’héritage colonial. A part sa stratification et son exclusivisme, la société d’après l’indépendance était à ce point fragile que déjà , vers 1801, sous la  férule d’un Toussaint Louverture, des esclaves fraichement affranchis, rassurés sur leur futur, écrivaient à leurs anciens maitres pour les inviter à revenir à St Domingue, la paix enfin rétablie.  Plus tard, ce discours et ces mentalités revivront  parmi les classes nouvellement acquises à la liberté. Ce n’est pas sans raison que les générations du temps de Pétion et de Boyer vivaient dans la crainte d’une offensive française, illustrant ainsi combien la nouvelle nation était  minée par l’angoisse des lendemains.  Haïti, sans le savoir, s’était installée dans une ère épique qui alimentera la légende des générations de la fin du 19 ème siècle.  Nourri d’un nationalisme ombrageux et agraire notamment dans le Nord, l’héritage des premières années du 20 ème siècle consistera dans le culte de la patrie qu’on prétendra aimer de manière charnelle à la Charles Péguy. On retrouvera même dans la France profonde ce culte barrésien  aux  vieilles terres restées monarchistes.

LA MAJORITE MINORISEE

François Duvalier incarnera dans les années 20 ce nationalisme haïtien qui, quoique nébuleux et précaire, gangera en intesite  sous l’occupation.  Les survivants de ces années- là tendent à disparaitre, mais ses derniers représentants, que ce soit l’agronome Edouard Berrouet, un nationaliste de gauche à l’instar de Jacques Roumain ou encore Lamartiniere Honorat  en qui on retrouve, allié a un modernisme bon teint. un dosage heureux de la pensée de cette époque, incarnent ce qu’il y avait de consistant en ces années 20 et 30. Mais ce  qui va  surtout  trancher dans le décor, c’est le courant d’une certaine haitianité aux contours mal définis,   appelée cependant  à inspirer en même temps  les démarches des hommes de gauche et  de droite,  dont les Carlet Auguste, les  Herve Boyer,  les Clovis Desinor et les , René Chalmers pour ne citer que ceux là . Parmi cette brochette de combattants d’une  résistance alors  culturelle en attendant qu’elle épouse les nuances d’un nationalisme dans lequel se retrouvera l’Afrique des indépendances, François Duvalier allait s’adresser à l’essentiel, c'est-à-dire, à cette majorité minorisée selon l’expression du Professeur Leslie F. Manigat, d’où  il va tirer  sa milice, la plus grande réalisation de son gouvernement  à notre avis.

Il est difficile de  représenter par la pensée  ce que peut être la vie rurale, les travaux et les jours  du plus grand nombre, quand nos élites ont été pour la plupart formées à une école qui ne tenait qu’a briser l’âme nationale et a installer à la place d’un cœur, d’une vision du monde et d’un style de vie une culture qui n’invitait hélas qu’à la négation de soi, à la  trahison et a l’àbdication .  Pour jeter les bases d’une nation toujours en devenir, François Duvalier a  légué aux régénérés de Sonthonax ce qu’on pourrait appeler l’illusion du pouvoir.  Alphonse Daudet raconte qu’un porte drapeau d’un régiment de l’armée française de 1871 ne vivait que pour tenir très haut  ce drapeau dans lequel il avait placé son destin. En créant sa milice, Duvalier songeait peut être à son pouvoir, mais il pensait surtout  tirer la majorité de ses silences, de ses peurs et de sa grande blessure historique, laquelle n’était en fait que  l’exclusion tantôt pour des raisons épidermiques, tantôt pour un  passé dont elle n’était pas responsable. Or, la psychologie contemporaine a appris que l’homme ne se libère et ne donne sa veritable mesure  que dans le triomphe. Duvalier croyait qu’en donnant aux masses noires une  vision de leur dignité, une nouvelle image de soi, et finalement une mission, il pouvait élargir l’assiette nationale et insinuer dans leur esprit qu’elles étaient elles aussi partie prenante de cette expérience du rachat de l’homme par l’homme. En tirant, suivant l’exemple de Sténos Vincent, de sa torpeur le paysan pour qui le géographe Paul Moral croyait quel’heure des réparations avait sonné,  Duvalier pouvait extrapoler et  prétendre  que derrière la  race il y avait l’espèce à sauver, ce qui voulait dire l’essence même de l’histoire.

LA  ROSE ET LE FUMIER

Si quelques milliers de familles  aspiraient  comme en Afrique du Sud à régenter  le destin de 4 millions d’âmes  augmentant au rythme d’une croissance exponentielle, il faudrait ou bien se laver les mains  comme Ponce  Pilate ou bien choisir un nouveau cours au fleuve de l’histoire. Pour sauver l’avenir, la paix sociale  et pallier  à  la répétition du festin de Balthazar, l’ordre vermoulu  des siècles passés était en dépit de tout assujetti au sort de Carthage rasée par Scipion. La création de la milice rentrait dans le projet d’une modernisation sociale et économique de l’ancienne St Domingue.  Mme de Sevigne écrivait qu’il fallait un peu de fumier même sur les meilleures terres, mais hélas passé 1986, les octogénaires  du micro monde se demandaient si la rose pouvait sortir du fumier, après 40 ans  de pouvoir noir (1946-1986).

C’est pourquoi il s’est installé cette paix armée   en ces  années 60, années de feu mais années épiques, lorsque  au nom des enfants de Sonthonax et pour  ceux de cette  Afrique qui s’ignore, la bataille d’Haïti, même si elle se confond avec les démêlés  de l’administration Kennedy tentant d’imposer à une Amérique  ségrégationniste les doléances d’une race pour laquelle du sang a coulé a Gettysburg lors de la fameuse address de Abraham  Lincoln, continue d’avoir sa raison d’etre.  Le paradoxe du gouvernement de F. Duvalier, c’est que malgré la solidarité objective des peuples du tiers monde avec le programme des régimes satellites de L’URSS, Duvalier va rester soudé aux idéaux de l’hémisphère, notamment lors de la crise de Cuba et  à la conférence de Punta del Este.  Le secrétaire d’état américain Dean Rusk a prétendu qu’en échange de son soutien, le chancelier René Chalmers lui a offert une tasse de café à $ 2 contre un projet d’aéroport évalué à plus d’un million de dollars, soit 5 millions de gourdes haïtiennes. Duvalier et son chancelier  sont allés bien au delà de leurs promesses contrairement à  l’émissaire américain qui, une fois, disait d’Haïti qu’elle était la poubelle de l’hémisphère.

Malheureusement, les USA ont été trop souvent livrés à des individus avec très peu de  vision dans l’esprit. Haïti à l’époque a mené  une guerre sans merci contre la gauche anonyme avec une poignée d’officiers engagés au plus fort  de cette  guerre froide qui se livrait  contre le monde libre. Il faudra du temps aux successeurs  de Kennedy pour comprendre le rôle d’Haïti dans l’arrière cour de Bill Clinton. Duvalier une fois parti, sous prétexte qu’il fallait maquiller  le pouvoir, la vieille garde fit les frais de la modernisation à un prix élevé. Mais, Les années d’or de la dictature en termes de qualité de vie restent non pas supérieures, mais différentes  des années dites de démocratisation et de privatisation.

LE TEMPS DES CHEVALIERS

C’est finalement le professeur Marcel D’Ans et David Nichols qui expriment le  mieux le bilan des années Duvalier  dans la vie politique haïtienne. Le chancelier haïtien des années 70,  le Dr Adrien Raymond disait que François Duvalier a voulu instituer l’ordre équestre dans les affaires de la République en souvenir de la Rome impériale. En introduisant les figures remarquables de la province dans l’administration, en recrutant sa garde prétorienne dans l’arrière pays, Duvalier a donné une impulsion datant de Stenio Vincent a la frange des marginaux du pays profond.  Une anthropologue  a tiré la conclusion que Paul Magloire, Dumarsais Estime et François Duvalier représentaient les enfants de Vincent, avec la seule différence que  de ce triumvirat, Paul Magloire, homme venu d’un Nord fatigué de faire l’histoire, ne va pas s’embarrasser de la question de couleur, dont on a dit qu’elle était la malédiction d’Haïti.


Comprendre Duvalier enfin, c’est imaginer ce que Haïti pouvait devenir au 20 eme siècle avec une société d’apartheid, à laquelle on a appris que Dieu était de race caucasienne, que l’esclavage était même une grâce de ce pur esprit, que même dans le ciel, aux dires d’une Jérémienne  de l’ancienne societe,il existait encore des classes, et que l’avenir n’était réservé qu’a ceux qui ressemblaient à ce dieu. On comprend aujourd’hui la révolte de Prométhée, on comprend également que le 21 ème siècle reste le siècle des mea culpa, en attendant d’être celui de la foi, fût elle- aveugle. Mais le visage de la foi est euclidien. Duvalier s’est confusément attaqué à ces citadelles ; mais à vouloir libérer les soutanes, il a pavé la voie à ce qu’il reste de pernicieux et d’inhumain dans le monde des églises. Pour tout dire, il a bouleversé la matrice de ce pays ,selon le professeur Gérard Gourgue, mais cette matrice est porteuse de surprises et pourra toujours enfanter dans le même lit et   presque à parts égales, le bien et le mal.
Le russe Leonid Brejnev



Le Chancelier Rene Chalmers & l'ambassadeur  Carlet Auguste

David Dean Rusk,
le secretaire d'etat americain