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Wednesday, October 10, 2012

A LA RECHERCHE DU TEMPS PERDU


DECEMBRE 07, 10

A LA RECHERCHE DU TEMPS PERDU

Les plus belles des années d'Haïti ne sont  plus celles que l'on croyait.
1930, 1946, 1954, 1979, les années dites heureuses se distancent à un intervalle moyen de 15 ans. Cependant, entre les générations de ces années la, il n’y a pas grand chose de commun. Celles de 1930 et de 1946 se ressemblent politiquement, marquées l’une par le nationalisme et l’autre par l’authenticité et le besoin d’ouverture sur le reste du monde. Au tournant de 1950, ces générations se retrouvent happées par une américanisation balbutiante. Entre une France de moins en moins détentrice du modèle de référence et une Haïti a la recherche d’autres horizons, le mariage latin n’est plus qu’un mariage de raison. L’âge d’or situe vers 1954 est déjà saupoudre de folklore tropical épicé a la sauce de la magie vaudou qui fascine l’Amérique autant qu’Ava Gardner. Il y a déjà dans l’Haïti de la fin des années 50 ce frémissement qui annonce les impatiences du futur. Le glas sonne en 1957 des structures vermoulues du passé. Les pianos Pleyel des bords de mer du Sud se taisent, parfois sous une poussière jaunâtre et les toiles d’araignée.

Le clash des années 60 dans  une société déchirée entre son passé et un futur incertain, enlève peut être le sommeil a l’administration Kennedy sans ralentir pour autant la longue marche d’Haïti vers les 52 Afriques dansant déjà les tambours de la self détermination pour les dieux perdus de la  foret malienne. Duvalier est seul depuis Punta del Este a rassembler pierre sur pierre ce qui deviendra son aéroport sur lequel il accueillera le Roi des Rois Hailé Sélassié. Tout semble basculer sous les pieds d’une Europe fatigue par la guerre, tandis que l’Amérique en plein guerre froide se définit comme le grenier du monde, cela  jusqu’a l’écroulement du mur de Berlin. On pourra toujours se demander ce que Haïti a a gagner  à tenir la balance égale entre l’Est et l’Ouest, c’était oublier que l’humanisme negre pouvait encore avoir un mot à dire.
Les historiens parlent aujourd’hui de l’âge d’or de 1979. Il y aura toujours sous la grisaille du quotidien comme cette pluie d’or qui pourra séduire Danaé. Les hommes, a certaine époque, se contentent d’être heureux sans se demander pourquoi.  Haïti n’a pas toujours été maudite. 1930 en sonnant le glas des années de l’occupation, fit couler autant de larmes que Martin L. King débitant son discours: I have a dream… 1946 eut des couleurs d’apothéose jusqu’en 1950. Si les années 60 furent quelque peu amères, c’est que les élites n’étaient pas prêtes à payer le prix du passage à la modernité. Pensez à la grande société de Lyndon B. Johnson.
Et maintenant…

Depuis 1986, un sentiment de renouveau et de lassitude s’est installe dans la société, renforçant la perception que la précarité et l’impuissance continuent de marquer non sans fatalisme les âmes et les esprits. Jamais, cependant on  n’a été si proche de réinventer l’espérance qui depuis les Grecs reste la principale consolation de l’espèce humaine. Mais, pour ce faire, une certaine violence sur un certain passé incruste dans l’inconscient collectif peut se révéler un passage oblige; car, Haïti ne peut plus se laisser prendre a la gorge par ces fantômes qui se succèdent et se survivent. Les années dites exaltantes ne sont pas arrives à se soustraire a l’emprise de ces fantômes dont nous sommes malgré nous le jouet et les otages. Le passé n’est utile que s’il apporte les ingrédients indispensables aux édifices du futur. L’histoire ne peut plus être proustienne. L’histoire n’est vraiment histoire que si elle débouche sur l’inédit et sur le renouveau. Il y a eu Vertieres, mais il y a eu aussi la danse et le chant qui mènent au culte de ce qui reste de divin en chacun de nous. Autrement dit, chacun de nous peut se dépasser sur le plan individuel en sortant du passé collectif. A ce compte, de belles années nous attendant.

La chance d’Haïti n’est donc pas derrière, mais bel et bien devant elle.






















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