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Thursday, August 21, 2014

GRANDS RESISTANTS... GRANDS HAITIANO FRANCAIS: : TONY BLONCOURT- MOURIR POUR LA FRANCE


                                      RELATIONS HAITIANO FRANCAISES


NDRL
Tony Bloncourt, né en Haïti de parents guadeloupéens et français, et frère de l’artiste peintre Gerald Bloncourt¸s’était révolté en France contre l’occupant nazi. Emprisonné à la Sante, il écrivit cette lettre d’adieu à ses parents, quelques heures avant d’être fusillé. Il avait 21 ans et dix jours.







                
1921-1942



MOURIR POUR LA FRANCE
Paris, Prison de la Sante 9 mars 1942

Maman, Papa chéris,

V
ous saurez la terrible nouvelle déjà, quand vous recevrez ma lettre. Je meurs avec courage. Je ne tremble pas devant la mort. Ce que j’ai fait, je ne le regrette pas sic cela a pu servir mon pays et la liberte !

Je regrette profondement de quitter la vie car je me sentais capable d’etre utile. Toute ma volonte a été tendue pour assurer un monde meilleur. J’ai compris combien la structure sociale actuelle est monstrueusement injuste. J’ai compris que la liberte de vivre, ce que l’on pense, n’est qu’un mot et j’ai voulu que ca change. C’est pourquoi je meurs pour la cause du socialisme.

J’ai la certitude que le monde de demain sera meilleur, plus juste, que les  humbles et les petits auront le droit de vire plus dignement plus humainement. Je garde la certitude que le monde capitaliste sera ecrase. Que l’ignoble exploitation cessera. Pour cette cause sacrée, il m’est moins dur de donner ma vie.

Je suis sur que vous me comprendre, papa et Maman chéris, que vous ne me blâmez pas. Soyez forts et courageux. Vous me sentirez revivre sans l’œuvre dont j’ai été l’un des pionniers.

Mon cœur est plein de tendresse pour vous. Il déborde d’amour, je vois toutes les phases de cette enfance si douce j’ai passe entre vous deux. Entre vous trois car je n’oublie pas ma DEDE chérie. Tout mon passe me revient en une  flotte d’images. Je revois la vieille maison de Jacmel. Le petit lycée, les leçons de latin et M. Gousse ma pensions au séminaire et le retour des vacances, mon vie Coucoute que j’aurais voulu guider a travers la vie et mon petit Gerald.

Je pense a vous de toute ma puissance, jusqu’au bout, je vous regarderai. Je pleure ma jeunesse, je ne pleure pas ma jeunesse, je ne pleure pas mes amis. Je regrette aussi mes chères études, j’aurais voulu consacrer ma vie à la science.

Que Coucoute continue a bien travailler, qu’il se dise que la  plus belle choses qu’un homme puisse faire dans  sa vie, c’est d’être utile à quelque chose. Que sa vie ne soit pas égoïste, qu’il la donne a ses semblables quelle que soit leur race, quelle s que soit leurs opinions. S’il à la vocation des sciences qu’il continue l’œuvre que j’avais commence d’entreprendre, qu’il s’intéresse à la physique et aux immortelles théories d’Einstein, dont il comprendra plus tard l’immense portée philosophique. Que mon petit Gerald, lui aussi, travaille bien et arrive à quelque chose. Qu’il soit toujours un homme.

Maman chérie, je t’aime comme jamais je ne t’ai aimée. Je sens maintenant tout le prix de l’œuvre que tu as entrepris en Haïti continue d’éduquer ces pauvres petits Haïtiens. Donner de l’instruction ses semblables est la plus noble des choses. ! Papa chéri, toi qui es un môme et un homme fort console, Maman, sois toujours bon pour elle en souvenir de moi. Maman Dédé chérie, tu as la même place dans mon cœur que maman. Tous, viveż en paix et penseż bien a moi. Je vous embrasse tous bien fort comme je vous aime. Tout ce que j’ai comme puissance d’amour en moi passe en vous. Papa sois fort. Maman, je te supplie d’etre courageuse. Maman Dédé, toi aussi. Mon vieux Coucoute et mon vieux Gerald, je vous embrasse bien, bien fort. Il faut aussi embrasser maman Tata bien fort. Pense à moi !

Votre petit Toto.





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