C'etait en 1979.
Les tanks russes etaient arrives la ou des peuplades de la steepe jouaient a ce jeu original si magnifiquement decrit dans les cavaliers de Joseph Kessel. Aujourd'hjui, lecteurs canadiens, francais, et autres francophones restent encore fascines par la vitalite non seulement du style,mais de ce pouvoir enivrant qui se degageait comme des sabots de ces chevaux a l'air sauvage. Les cavaliers eux memes paraissaient ceder a l'ivresse inspiree de ces terres d'Asie, lesquelles,malgre l'archaisme environnant semblaient ne plus vouloir d'une Europe fatiguee...
L'Afghanistan, c'etait une etrange Asie, ou encore comme une incertaine respiration d'Europe. Plus de 20 ans plus tard, les choses avaient change comme aspirees par un souflle mysterieux. Les russes etaient partis, incapables de realiser le mariage de la faucille et de l'islam... vinrent les annees 2000, puis le 11 septembre et le reste. L'Afghanistan n'etait plus ce qu'elle etait.
LE REGARD COMME GRACE ET PRESENCE
Alors, vers la fin des années 70, l’Afghanistan, route de la soie dans un lointain passe, puis route de l’opium, commençait à déverser son surplus de population fuyant les russes et la guerre vers les pays voisins dont le Pakistan. Ambassades, agents de renseignements et le reste mirent l’accent à dessein sur les traditions afghanes de résistance et de fierté, et sur tout ce pouvait répondre à la vision occidentale. Apres tout, ces immenses terres qu’on dirait riches en pétrole ne pouvaient que faire rêver les officines et les hommes d’affaires occidentaux. Photographes, journalistes donnèrent à la cause afghane une publicité qui allait déboucher sur autre chose.
Le hasard qui fait toujours bien les choses conduisit presque en pleine guerre le photographe de National Geographic sous la tente d’une fillette. On pense ici à la tente d’Atilla ou le chef Hun connut sa dernière ivresse.
Mais, cette fois-ci, la tente ou le photographe était allé chercher comme sa proie ne se prêtait nullement à une quelconque ivresse ; elle servait plutôt d’école à un groupe de fillettes. Une fois rentre, Steeve Mc Curry se trouva comme électrifié par le regard d’une fillette. Il est des regards qu’on ne verra jamais deux fois.
C’était un regard sauvage qui n’avait jamais vu les choses occidentales, ni les gratte-ciel, ni les autoroutes, pas même ces boulevards ou en fin d’âpres midi se promènent les couples plonges dans les projets pour le futur. Sharbat Gula ( son nom signifie : douce fleur d’eau en persan) jetait sur le photographe un regard qui parlait des premiers matins du monde vécus pourtant dans la guerre.
Pas un brin de tendresse, pas même la naissance d’une douceur dans les gestes et le ton, mais plutôt un regard de fauve ou se concentrerait l’or vif du feu, le bleu océanique d’un midi d’avril et le vert agressif d’un gazon au matin.
Ce regard immortalise par le camera et vu par des millions parle on dirait de Dieu au jour du Dies irae, un regard trop dense pour s’éteindre mais qui aurait vu la mort et ses secrets.
Sharbat Gula avait vu mourir les siens. Elle avait parcouru des centaines de kms dans les montagnes de la frontière pakistanaise. Maintenant, elle faisait ce que font tous les enfants de son âge. Elle apprenait à lire.
La fille afghane n’avait que 12 ans. Elle allait franchir les portes de l’adolescence. Elle deviendra femme sous les bombes américaines âpres avoir été orpheline sous les bombes russes. La guerre est une chose insensée.
UN REGARD OBSEDANT
Passe ces moments aussi inattendus pour le photographe qu’ils l’étaient pour la fillette, plus de 15 ans s’écoulèrent, mais la mémoire de ce regard n’a jamais cesse de hanter les nuits du photographe. Celles du monde non plus.
Les gens et les lecteurs de National Geographic se posaient la même question ; Qu’était –il advenu de cette fillette et de ces yeux qui n’ont vu que la guerre ? Les canons, les avions, les écrans de fumée auraient –ils eu raison de ce regard situe entre deux moments fragiles du temps qui passe : l’enfance et les débuts d u jeune âge. Etait-ce possible que les enfants se voient voler leurs rêves et leurs illusions parce que la guerre impose ses lois qui ne sont autres que celles de la mort ?
Ce sont ces questions venues de partout qui poussèrent le photographe à faire le pèlerinage a la recherche de ce fragile instant des yeux.
L’INNOCENCE PERDUE
Mc Curry put à force de patience retrouver la fillette. Pour tout dire, avait quitte le monde de l’enfance. Devenue mère, elle avait déjà trois filles et vivait avec son mari dans son village de Tora Bora, précise Curry.
Son âge lui importe peu. Musulmane dans l’âme, elle ne fit qu’obéir a son mari quand le photographe exprima le désir de la photographier a nouveau.
Entre ce regard de femme et celui de la fillette, on pourrait prendre la mesure du temps et le compter en lunes, en récoltes ou suivant notre calendrier grégorien. Peu importe, la ressemblance reste frappante entre la tonalite et les nuances de la pupille suivant des études menées dans un laboratoire de New Jersey. Conclusion : c’était la même personne. Ce qui entre temps, a laisse son empreinte sur le visage et bien sur le reste, c’était bien ce temps qui tue et ce temps qui reste.
Pour une fille qui n’a connu que la guerre, on comprend bien que l’innocence propre à de telles peuplades ne peut que s’éteindre a jamais, comme absorbée par un je ne sais quoi.
Présentant ces images une fois dans un amphithéâtre de Manhattan, Curry a rappelé que le temps n’était que naufrage et ruine, rien qu’à contempler ce regard isole comme un volcan éteint sur ce visage de femme qui commençait a vieillir sans avoir connu ces haltes sereines de l’âge adulte.
Sharba Gula aura au moins laisse à notre temps ce regard de fauve qui n’attendait au fond que tendresse.
CHRONIQUES AFGHANES
FB. A window on our world, GAH glances at the history in its continuum. It's exciting to follow the Peulh girl going to the nearby river as well as a traveler sipping a Colombian coffee at a Manhattan Starbucks where life is as beautiful as ever... it's not just a matter of seeing, it's rather the way you look at our world. Wow!. Because it is the same planet, the same people and finally all the same humanity. frantz bataille, MD
globeadventureshorizons
Monday, November 12, 2012
QUESTIONS DU MONDE - Le Regard Afghan
C'etait en 1979.
Les tanks russes etaient arrives la ou des peuplades de la steepe jouaient a ce jeu original si magnifiquement decrit dans les cavaliers de Joseph Kessel. Aujourd'hjui, lecteurs canadiens, francais, et autres francophones restent encore fascines par la vitalite non seulement du style,mais de ce pouvoir enivrant qui se degageait comme des sabots de ces chevaux a l'air sauvage. Les cavaliers eux memes paraissaient ceder a l'ivresse inspiree de ces terres d'Asie, lesquelles,malgre l'archaisme environnant semblaient ne plus vouloir d'une Europe fatiguee...
L'Afghanistan, c'etait une etrange Asie, ou encore comme une incertaine respiration d'Europe. Plus de 20 ans plus tard, les choses avaient change comme aspirees par un souflle mysterieux. Les russes etaient partis, incapables de realiser le mariage de la faucille et de l'islam... vinrent les annees 2000, puis le 11 septembre et le reste. L'Afghanistan n'etait plus ce qu'elle etait.
LE REGARD COMME GRACE ET PRESENCE
Alors, vers la fin des années 70, l’Afghanistan, route de la soie dans un lointain passe, puis route de l’opium, commençait à déverser son surplus de population fuyant les russes et la guerre vers les pays voisins dont le Pakistan. Ambassades, agents de renseignements et le reste mirent l’accent à dessein sur les traditions afghanes de résistance et de fierté, et sur tout ce pouvait répondre à la vision occidentale. Apres tout, ces immenses terres qu’on dirait riches en pétrole ne pouvaient que faire rêver les officines et les hommes d’affaires occidentaux. Photographes, journalistes donnèrent à la cause afghane une publicité qui allait déboucher sur autre chose.
Le hasard qui fait toujours bien les choses conduisit presque en pleine guerre le photographe de National Geographic sous la tente d’une fillette. On pense ici à la tente d’Atilla ou le chef Hun connut sa dernière ivresse.
Mais, cette fois-ci, la tente ou le photographe était allé chercher comme sa proie ne se prêtait nullement à une quelconque ivresse ; elle servait plutôt d’école à un groupe de fillettes. Une fois rentre, Steeve Mc Curry se trouva comme électrifié par le regard d’une fillette. Il est des regards qu’on ne verra jamais deux fois.
C’était un regard sauvage qui n’avait jamais vu les choses occidentales, ni les gratte-ciel, ni les autoroutes, pas même ces boulevards ou en fin d’âpres midi se promènent les couples plonges dans les projets pour le futur. Sharbat Gula ( son nom signifie : douce fleur d’eau en persan) jetait sur le photographe un regard qui parlait des premiers matins du monde vécus pourtant dans la guerre.
Pas un brin de tendresse, pas même la naissance d’une douceur dans les gestes et le ton, mais plutôt un regard de fauve ou se concentrerait l’or vif du feu, le bleu océanique d’un midi d’avril et le vert agressif d’un gazon au matin.
Ce regard immortalise par le camera et vu par des millions parle on dirait de Dieu au jour du Dies irae, un regard trop dense pour s’éteindre mais qui aurait vu la mort et ses secrets.
Sharbat Gula avait vu mourir les siens. Elle avait parcouru des centaines de kms dans les montagnes de la frontière pakistanaise. Maintenant, elle faisait ce que font tous les enfants de son âge. Elle apprenait à lire.
La fille afghane n’avait que 12 ans. Elle allait franchir les portes de l’adolescence. Elle deviendra femme sous les bombes américaines âpres avoir été orpheline sous les bombes russes. La guerre est une chose insensée.
UN REGARD OBSEDANT
Passe ces moments aussi inattendus pour le photographe qu’ils l’étaient pour la fillette, plus de 15 ans s’écoulèrent, mais la mémoire de ce regard n’a jamais cesse de hanter les nuits du photographe. Celles du monde non plus.
Les gens et les lecteurs de National Geographic se posaient la même question ; Qu’était –il advenu de cette fillette et de ces yeux qui n’ont vu que la guerre ? Les canons, les avions, les écrans de fumée auraient –ils eu raison de ce regard situe entre deux moments fragiles du temps qui passe : l’enfance et les débuts d u jeune âge. Etait-ce possible que les enfants se voient voler leurs rêves et leurs illusions parce que la guerre impose ses lois qui ne sont autres que celles de la mort ?
Ce sont ces questions venues de partout qui poussèrent le photographe à faire le pèlerinage a la recherche de ce fragile instant des yeux.
L’INNOCENCE PERDUE
Mc Curry put à force de patience retrouver la fillette. Pour tout dire, avait quitte le monde de l’enfance. Devenue mère, elle avait déjà trois filles et vivait avec son mari dans son village de Tora Bora, précise Curry.
Son âge lui importe peu. Musulmane dans l’âme, elle ne fit qu’obéir a son mari quand le photographe exprima le désir de la photographier a nouveau.
Entre ce regard de femme et celui de la fillette, on pourrait prendre la mesure du temps et le compter en lunes, en récoltes ou suivant notre calendrier grégorien. Peu importe, la ressemblance reste frappante entre la tonalite et les nuances de la pupille suivant des études menées dans un laboratoire de New Jersey. Conclusion : c’était la même personne. Ce qui entre temps, a laisse son empreinte sur le visage et bien sur le reste, c’était bien ce temps qui tue et ce temps qui reste.
Pour une fille qui n’a connu que la guerre, on comprend bien que l’innocence propre à de telles peuplades ne peut que s’éteindre a jamais, comme absorbée par un je ne sais quoi.
Présentant ces images une fois dans un amphithéâtre de Manhattan, Curry a rappelé que le temps n’était que naufrage et ruine, rien qu’à contempler ce regard isole comme un volcan éteint sur ce visage de femme qui commençait a vieillir sans avoir connu ces haltes sereines de l’âge adulte.
Sharba Gula aura au moins laisse à notre temps ce regard de fauve qui n’attendait au fond que tendresse.
CHRONIQUES AFGHANES
Friday, November 2, 2012
...HAITI, 50 ANS PLUS TARD
LA QUESTION HAITIENNE - Deuxieme partie
...HAITI, 50 ANS PLUS TARD...
FRANTZ BATAILLE
Maintenant que nous savons ce qu’a été le passe, il reste à définir présentement de quoi sera fait l’avenir.
L’une des données de notre temps est l’américanisation avancée de la société haïtienne et de son mode de vie. Le rêve américain sert –il finalement de référence aux aspirations haïtiennes au bien être ? L’automobile, une maison de famille, l’éducation, l’épargne pour le college, les fonds de retraite, autant de paramètres qui donnent la mesure de la réussite matérielle. L’horizon haïtien se déplace d’Afrique et d’Europe en direction de l’Amérique. C’est l’horizon triangulaire en manière de réplique au voyage négrier triangulaire.
Le flux migratoire des années 60 a été le fer de lance de ces transformations.. Il est hors de doute que la révolution sociale inhérente à cette conquête des Etats Unis a opéré au delà des limites imaginables. Au Sud du Rio Grande, l’américanisation est bientôt une donnée de l’histoire. La consommation, la communication de masse, l’habitat, la dollarisation des économies périphériques, l’art, la musique rapt, tout porte désormais le sceau américain.
C’est peut être dans l’économie que Haïti se révèle tributaire de l’américanisation. Les ménages font leurs emplettes à Miami, quitte a les stocker en Haïti. Les avions ambulances, le « morgage », le flux croissant des produits comestibles achèvent d’américaniser Haïti, au risque d’éteindre le secteur agricole et de transformer le petit cultivateur en ouvrier saisonnier ou en personnel domestique dans les villes et bourgs haïtiens. D’ailleurs, le capital ne peut venir que des USA, qu’il soit monétaire ou technologique. Au bout du compte, la marge économique haïtienne se réduit comme une peau de chagrin. Le cacao, le café, le sisal, appartiennent comme a l’âge préhistorique ou épique d’Haïti. Le PNB s’évapore, la prostitution s’installe, l’instabilité institutionnelle et celle de l’état en découlent. Nées sous le signe de la négritude, les années 60, cinquante ans plus tard, achèvent de transformer Haïti en un satellite des USA. La diaspora n’est pas innocente à cette conquête. Aurait –il pu en être autrement ?
La chance d’Haïti, de l’avis des chercheurs, passera par les US. L’heure est donc venue pour sortir Haïti de son passe et de se propulser dans la modernité même au prix du viol d’une innocence restée insulaire, c’est ce que croyait d’ailleurs Jacques Barrios, l’auteur de Haïti De 1804 A Nos Jours. Les classes moyennes et les élites vont bientôt élaborer un nouveau contrat social qui n’aura plus rien du passe st domingois. C’est bien la fin de la société traditionnelle, aux yeux d’un Leslie Manigat. Une sorte de séisme psychologique s’est installée depuis des années dans les esprits et les mentalités, impliquant une véritable phase d’incubation aux conséquences inattendues. Il faut espérer que depuis le 12 janvier, Haïti est devenue un point de mire planétaire, ce qui fait d’elle une sorte de lieu géométrique de la globalisation. C’est sans doute avec ce douloureux contact entre Haïti et le globe que sortira la nouvelle identité haïtienne sans laquelle ce pays traumatise par l’histoire ne pourra jamais retrouver ni son âme ni ce qu’on appelle la seconde chance du futur.
...HAITI, 50 ANS PLUS TARD...
FRANTZ BATAILLE
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| l'oasis de jerry tardieu |
L’une des données de notre temps est l’américanisation avancée de la société haïtienne et de son mode de vie. Le rêve américain sert –il finalement de référence aux aspirations haïtiennes au bien être ? L’automobile, une maison de famille, l’éducation, l’épargne pour le college, les fonds de retraite, autant de paramètres qui donnent la mesure de la réussite matérielle. L’horizon haïtien se déplace d’Afrique et d’Europe en direction de l’Amérique. C’est l’horizon triangulaire en manière de réplique au voyage négrier triangulaire.
Le flux migratoire des années 60 a été le fer de lance de ces transformations.. Il est hors de doute que la révolution sociale inhérente à cette conquête des Etats Unis a opéré au delà des limites imaginables. Au Sud du Rio Grande, l’américanisation est bientôt une donnée de l’histoire. La consommation, la communication de masse, l’habitat, la dollarisation des économies périphériques, l’art, la musique rapt, tout porte désormais le sceau américain.
C’est peut être dans l’économie que Haïti se révèle tributaire de l’américanisation. Les ménages font leurs emplettes à Miami, quitte a les stocker en Haïti. Les avions ambulances, le « morgage », le flux croissant des produits comestibles achèvent d’américaniser Haïti, au risque d’éteindre le secteur agricole et de transformer le petit cultivateur en ouvrier saisonnier ou en personnel domestique dans les villes et bourgs haïtiens. D’ailleurs, le capital ne peut venir que des USA, qu’il soit monétaire ou technologique. Au bout du compte, la marge économique haïtienne se réduit comme une peau de chagrin. Le cacao, le café, le sisal, appartiennent comme a l’âge préhistorique ou épique d’Haïti. Le PNB s’évapore, la prostitution s’installe, l’instabilité institutionnelle et celle de l’état en découlent. Nées sous le signe de la négritude, les années 60, cinquante ans plus tard, achèvent de transformer Haïti en un satellite des USA. La diaspora n’est pas innocente à cette conquête. Aurait –il pu en être autrement ?
La chance d’Haïti, de l’avis des chercheurs, passera par les US. L’heure est donc venue pour sortir Haïti de son passe et de se propulser dans la modernité même au prix du viol d’une innocence restée insulaire, c’est ce que croyait d’ailleurs Jacques Barrios, l’auteur de Haïti De 1804 A Nos Jours. Les classes moyennes et les élites vont bientôt élaborer un nouveau contrat social qui n’aura plus rien du passe st domingois. C’est bien la fin de la société traditionnelle, aux yeux d’un Leslie Manigat. Une sorte de séisme psychologique s’est installée depuis des années dans les esprits et les mentalités, impliquant une véritable phase d’incubation aux conséquences inattendues. Il faut espérer que depuis le 12 janvier, Haïti est devenue un point de mire planétaire, ce qui fait d’elle une sorte de lieu géométrique de la globalisation. C’est sans doute avec ce douloureux contact entre Haïti et le globe que sortira la nouvelle identité haïtienne sans laquelle ce pays traumatise par l’histoire ne pourra jamais retrouver ni son âme ni ce qu’on appelle la seconde chance du futur.
Monday, October 29, 2012
HAITI, 50 ANS PLUS TARD…
FRANTZ BATAILLE
PREMIERE PARTIE
L
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es années 60 restent déterminantes dans la vie nationale. Ce n'est pas que du point de vue politique, la guerre froide battant son plein, n'ait pas eu grand chose à voir dans l'orientation future d'Haïti. Les années 60 représentent surtout un tournant par le simple fait que la société haïtienne a connu à cette époque une accélération dans le processus d'urbanisation. Cette mutation sur fond de grossissement de flux migratoire et d’exode rural va modifier le paysage physique et social avant d ‘avoir des retentissements extra muros aux échos encore mal éteints.
Jusqu’a la fin des années 50, le pays haïtien se caractérisait par une mince frange urbanisée et une hypertrophie insoupçonnée du monde rural. Certes, choque par cette cassure et cette dichotomie sociale, de prestigieux auteurs mettront les autorités en garde contre le choc en retour toujours possible d’un pays coupe en deux. Paul Moral, l’auteur du paysan haïtien, croyait que l’heure des réparations avait sonne. Nous sommes déjà en 1961. Le pays en dehors de Gérard Barthelemy reste encore tranquille, notamment depuis la 3eme guerre caco de Benoit Batraville de 1920, dans le Plateau Central et l’échauffourée de Marcha terre de 1929. La Pax America s’est installée depuis 1934, même si Duvalier va lancer un appel quasi guerrier au monde rural, avec ses VSN. Toutefois, la question haïtienne va se préciser et prendre des proportions de péril démographique dont le massacre des Braceros en RD ne représente que la partie visible de l’iceberg. En fait, le peril démographique est encore vivant, en rappelant que le Sud depuis 1910 et le Nord vers 1920 expatrient respectivement vers Cuba et Santo Domingo leurs paysans sans terre.
En somme, le monde rural sert encore beaucoup plus que de simple attraction touristique. L’agriculture fait vivre les ¾ de la nation. Il faudra attendre les années 80 pour voir le panier de la ménagère se modifier jusqu’a disparaitre au profit des produits importes. Les jardins et cour jardins de Georges Anglade dominent et colorent les travaux et les jours du paysan haïtien. Toutefois, l’exode rural est déjà une préoccupation des pouvoirs publics. Les bidonvilles apparaissent déjà. Elles serviront d’arsenal à la grande colère des pauvres dans les années 90, tout en servant de repaire aux kidnappings et aux chime, veritable bras arme d’une forme de terrorisme d’état.
Donc, de la fin des années 50 à 2010, les faits dominants de la vie nationale se résument dans la détérioration de la vie rurale, la disparition des grandes habitations et la bidonvilisation de l’espace urbain, tout cela sur fond d’explosion démographique.
Les pouvoirs publics sauront –ils se préparer à cette catastrophe inscrite déjà en filigrane dans les différents secteurs de la vie nationale ?
Quoique la réponse a cette question tarde encore à venir, il y a lieu de souligner cette politique de l’autruche que la société a impose aux décideurs alors en place.
Les départs pour l’étranger traduisent comme par compensation l’attrait que l’étranger exerçait déjà sur les élites et les classes moyennes. Amorcée a la fin des années 50, la migration vers l’étranger reste la caractéristique dominante des années 60. De nos jours, l’excuse la plus courante est que des reflexes de survie auraient pousse les élites du savoir et de l’avoir à s’expatrier. La dictature duvalierienne sert encore de prétexte au bovarysme des classes aisées. Au fond, la recherche d’un meilleur style de vie et la poursuite des eldorados motivait et motive encore ces départs. Haïti avait, quoiqu’on en pense, ses cadres. On va les retrouver au Canada, aux USA et en Afrique. Les Antilles françaises servaient de refuge à l’arrière cour d’Aquin et de Fond des Negres. Pour tout dire, au 20 eme siècle, les populations haïtiennes étaient les plus mobiles de la région caraïbe et du sous continent américain, preuve que quelque chose n’allait pas trop bien dans la première république noire du monde.
Les années 80 seront les plus critiques et les plus décisives de cette période instable, témoin d’une véritable déshaitisation, compte tenu du rôle que le mode de vie étranger imposera à l’ensemble de la nation. « L’American way of life » s’infiltre partout, jusque dans nos hameaux recules. La France en perd son prestige et son rôle de référence séculaire. On voyage encore à Paris, mais on achète ses résidences secondaires à Miami et a NY. En 2010, la monnaie américaine est une denrée d’échange. La spéculation prend le pas sur la production. Washington arbitre les différends politiques haïtiens. Haïti n’est indépendante que nominalement.
Il faudrait ici dire que les années 2000 sonnent le glas des indépendances haïtiennes au moment ou l’Afrique noire en est à fêter ses 50ans d’indépendance, non sans mettre en doute la possibilité pour les Haïtiens de se gouverner eux mêmes. Haïti, aux dires du Figaro, était devenu le fardeau du monde blanc. En 2004, Haïti célébrait ses deux cents ans en pleine contestation politique, et presque aux prises avec l’ancienne métropole française. Haïti a glisse depuis sur la pente d’une dépendance révoltante, étant donne la proverbiale fierté de son peuple.
Wednesday, October 17, 2012
LA QH LA TRIBALISATION
LA TRIBALISATION
Pour combler le vide laissé par la démobilisation des FAD ‘H. il s’est développé des groupuscules armés et par la suite des gardes prétoriennes, celles- là au service de la cause lavalassienne au départ, celles-ci appelées par vocation à protéger les vies et les biens. Les bandes armées ne sont pas une nouveauté dans notre histoire ; l’armée souffrante de Jn J. Acau, le cacoisme sont les lointains ancêtres de ces armées parallèles qui rançonnent, violent, volent et tuent, avec la seule différence que, contrairement à ce que l’on pense, les cacos du Mord et les légions du Sud avaient une philosophie et une vision.
Dans les années 90 et 2000, encerclant les beaux quartiers de Babiole, de Debussy, de Delmas et de Berthé, les bidonvilles développées au seuil des résidences patriciennes, n’attendent que de répondre à l’appel des prophètes de malheur. La pauvreté, la misère, disent ces prophètes, n’est due qu’à l’exploitation. Il faut régler leurs comptes à ces bourgeoisies de faucons et la meilleure façon de le faire n’est que d’appliquer la violence, fût-elle aveugle.
L’orage lavalssien passé, l’armée anéantie au nom de la démocratie et avec l’aval d’un Bill Clinton réduit aujourd’hui à battre sa coulpe, ces groupes opèrent en toute impunité, continuent de semer le deuil et le désespoir dans nos familles, kidnappant et immolant. Les pontes du régime lavalas, jusqu’aux ministres, empochent quelquefois les rançons et gonflent leurs comptes en US dollars. Il n’existe plus de garantie morale : les églises chrétiennes, malgré quelques sursauts, ne sont pas arrivées à exorciser le mal.
Par la suite, chaque cacique, disposant de sa propre armée ou de ses propres gangs, parait être a deux pas de légaliser ce qui est bien le crime institutionnalisé. Un président haïtien a même suggéré de négocier avec les chime ; un autre de s’entendre avec les kidnappeurs. Le danger d’une somalisation d’Haïti n’est pas à écarter. Les bergers du troupeau sont devenus, redoutait le président Estime, ces loups mêmes qui le pillent et le tuent. C’est bien le legs des décennies dites démocratiques.
Mais, le pire, c’est le coût que la société est en train de payer. L’esprit de quartier, l’esprit de famille, la cohabitation du bon voisinage ont disparu, bouffés par la crise contemporaine, cette crise qui végète, notait le professeur Lesly. F Manigat. L’enfance dont tout les adultes prenaient soin, le partage de nourriture par-dessus les clotûres, l’enfance qui était une responsabilité collective du voisinage, le deuil qui n’était pas que individuel, les amis qui prolongeaient la famille horizontale plutôt que d’être le nucleus parental du modèle américain, autant de souvenirs qui ne sont plus que des reliques de la légende de la vieille Haïti.
Ces jours-ci, on s’attend au choc du patriciat et des mercenaires agglutines dans les bidonvilles autour des caïds qui vivent à leur manière « the American way of life ». La guerre civile ferait presqu’un million de morts, estimaient les services secrets des pays amis. Mais, il existe un affrontement toujours possible entre les clans rivaux, entre les chime eux-mêmes d’une part et leurs chefs de l’autre,
L’autorité centrale ayant longtemps disparu. Les sociétés modernes se caractérisent par un état fédérateur dont l’embryon remonte, dans le cas d’Haiti, si l’on veut à Sonthonax et a Toussaint Louverture. Maintenant que chacun rêve de se faire justice à soi même, et de s’imposer au détriment d’une force institutionnalisée, la conclusion est patente que le rétablissement d’un semblant d’autorité passe par la mise sur pied d’un pouvoir fort, qu’il soit d’ici ou d’ailleurs.
Car,au moment où les assassins reprennent du service, aux dires d’un militant ayant vieilli sous le harnais, on s’accorde à dire que la faute incombe au patriciat hostile à tout partage, malgré le coup de barre de 1957. On dit aussi que l’état providentiel et paternaliste haïtien a favorise la corruption aux dépens du progrès et de la bonne gestion. On oublie d’ajouter que le président Estime avait prévu( pour cette bourgeoisie qui lui reprochait de ne pas savoir lui rendre son sourire) la venue d’un messie qui aurait tout de Lucifer et rien du Christ. Pour cette année Maya que voici, on en est là, pour des raisons tout autres. Les rescapés du lumpen embarquent dans les fourgons des classes heureuses, se marient parmi elles, se prélassent dans leurs lits tout en mangeant à leurs tables. Le choc des classes n’aura finalement dépassé ni le ventre ni le bas ventre.
Les lumières, assure-t-on, brillent en des périodes de paix, de tranquillité et d’harmonie spontanée ou imposée. Les FAD’H et leurs auxiliaires ont quand même maintenu une pax de plus d’un demi siècle. Que la main étrangère ne soit pas innocente à cette descente aux enfers ne change finalement rien à la donne. Ce qui est évident, c’est que, malgré que la bête ait la vie dure, le besoin d’un remodelage économique, social et spirituel continue d’annoncer comme un grand rendez vous du printemps haïtien.
La tribalisation n’aura été, enfin de compte, qu’un cauchemar incongru .
LA QUESTION HAITIENNE
LA QUESTION HAITIENNE
LA TRIBALISATION
Pour combler le vide laissé par la démobilisation des FAD ‘H. il s’est développé des groupuscules armés et par la suite des gardes prétoriennes, celles- là au service de la cause lavalassienne au départ, celles-ci appelées par vocation à protéger les vies et les biens. Les bandes armées ne sont pas une nouveauté dans notre histoire ; l’armée souffrante de Jn J. Acau, le cacoisme sont les lointains ancêtres de ces armées parallèles qui rançonnent, violent, volent et tuent, avec la seule différence que, contrairement à ce que l’on pense, les cacos du Mord et les légions du Sud avaient une philosophie et une vision.
Dans les années 90 et 2000, encerclant les beaux quartiers de Babiole, de Debussy, de Delmas et de Berthé, les bidonvilles développées au seuil des résidences patriciennes, n’attendent que de répondre à l’appel des prophètes de malheur. La pauvreté, la misère, disent ces prophètes, n’est due qu’à l’exploitation. Il faut régler leurs comptes à ces bourgeoisies de faucons et la meilleure façon de le faire n’est que d’appliquer la violence, fût-elle aveugle.
L’orage lavalssien passé, l’armée anéantie au nom de la démocratie et avec l’aval d’un Bill Clinton réduit aujourd’hui à battre sa coulpe, ces groupes opèrent en toute impunité, continuent de semer le deuil et le désespoir dans nos familles, kidnappant et immolant. Les pontes du régime lavalas, jusqu’aux ministres, empochent quelquefois les rançons et gonflent leurs comptes en US dollars. Il n’existe plus de garantie morale : les églises chrétiennes, malgré quelques sursauts, ne sont pas arrivées à exorciser le mal.
Par la suite, chaque cacique, disposant de sa propre armée ou de ses propres gangs, parait être a deux pas de légaliser ce qui est bien le crime institutionnalisé. Un président haïtien a même suggéré de négocier avec les chime ; un autre de s’entendre avec les kidnappeurs. Le danger d’une somalisation d’Haïti n’est pas à écarter. Les bergers du troupeau sont devenus, redoutait le président Estime, ces loups mêmes qui le pillent et le tuent. C’est bien le legs des décennies dites démocratiques.
Mais, le pire, c’est le coût que la société est en train de payer. L’esprit de quartier, l’esprit de famille, la cohabitation du bon voisinage ont disparu, bouffés par la crise contemporaine, cette crise qui végète, notait le professeur Lesly. F Manigat. L’enfance dont tout les adultes prenaient soin, le partage de nourriture par-dessus les clotûres, l’enfance qui était une responsabilité collective du voisinage, le deuil qui n’était pas que individuel, les amis qui prolongeaient la famille horizontale plutôt que d’être le nucleus parental du modèle américain, autant de souvenirs qui ne sont plus que des reliques de la légende de la vieille Haïti.
Ces jours-ci, on s’attend au choc du patriciat et des mercenaires agglutines dans les bidonvilles autour des caïds qui vivent à leur manière « the American way of life ». La guerre civile ferait presqu’un million de morts, estimaient les services secrets des pays amis. Mais, il existe un affrontement toujours possible entre les clans rivaux, entre les chime eux-mêmes d’une part et leurs chefs de l’autre,
L’autorité centrale ayant longtemps disparu. Les sociétés modernes se caractérisent par un état fédérateur dont l’embryon remonte, dans le cas d’Haiti, si l’on veut à Sonthonax et a Toussaint Louverture. Maintenant que chacun rêve de se faire justice à soi même, et de s’imposer au détriment d’une force institutionnalisée, la conclusion est patente que le rétablissement d’un semblant d’autorité passe par la mise sur pied d’un pouvoir fort, qu’il soit d’ici ou d’ailleurs.
Car,au moment où les assassins reprennent du service, aux dires d’un militant ayant vieilli sous le harnais, on s’accorde à dire que la faute incombe au patriciat hostile à tout partage, malgré le coup de barre de 1957. On dit aussi que l’état providentiel et paternaliste haïtien a favorise la corruption aux dépens du progrès et de la bonne gestion. On oublie d’ajouter que le président Estime avait prévu( pour cette bourgeoisie qui lui reprochait de ne pas savoir lui rendre son sourire) la venue d’un messie qui aurait tout de Lucifer et rien du Christ. Pour cette année Maya que voici, on en est là, pour des raisons tout autres. Les rescapés du lumpen embarquent dans les fourgons des classes heureuses, se marient parmi elles, se prélassent dans leurs lits tout en mangeant à leurs tables. Le choc des classes n’aura finalement dépassé ni le ventre ni le bas ventre.
Les lumières, assure-t-on, brillent en des périodes de paix, de tranquillité et d’harmonie spontanée ou imposée. Les FAD’H et leurs auxiliaires ont quand même maintenu une pax de plus d’un demi siècle. Que la main étrangère ne soit pas innocente à cette descente aux enfers ne change finalement rien à la donne. Ce qui est évident, c’est que, malgré que la bête ait la vie dure, le besoin d’un remodelage économique, social et spirituel continue d’annoncer comme un grand rendez vous du printemps haïtien.
La tribalisation n’aura été, enfin de compte, qu’un cauchemar incongru .
BALISATION
Wednesday, October 10, 2012
A LA RECHERCHE DU TEMPS PERDU
DECEMBRE 07, 10
A LA RECHERCHE DU TEMPS PERDU
Les plus
belles des années d'Haïti ne sont plus celles
que l'on croyait.
1930, 1946,
1954, 1979, les années dites heureuses se distancent à un intervalle moyen de
15 ans. Cependant, entre les générations de ces années la, il n’y a pas grand
chose de commun. Celles de 1930 et de 1946 se ressemblent politiquement,
marquées l’une par le nationalisme et l’autre par l’authenticité et le besoin
d’ouverture sur le reste du monde. Au tournant de 1950, ces générations se
retrouvent happées par une américanisation balbutiante. Entre une France de
moins en moins détentrice du modèle de référence et une Haïti a la recherche
d’autres horizons, le mariage latin n’est plus qu’un mariage de raison. L’âge d’or
situe vers 1954 est déjà saupoudre de folklore tropical épicé a la sauce de la
magie vaudou qui fascine l’Amérique autant qu’Ava Gardner. Il y a déjà dans
l’Haïti de la fin des années 50 ce frémissement qui annonce les impatiences du
futur. Le glas sonne en 1957 des structures vermoulues du passé. Les pianos
Pleyel des bords de mer du Sud se taisent, parfois sous une poussière jaunâtre
et les toiles d’araignée.
Le clash des
années 60 dans une société déchirée
entre son passé et un futur incertain, enlève peut être le sommeil a
l’administration Kennedy sans ralentir pour autant la longue marche d’Haïti
vers les 52 Afriques dansant déjà les tambours de la self détermination pour
les dieux perdus de la foret malienne.
Duvalier est seul depuis Punta del Este a rassembler pierre sur pierre ce qui
deviendra son aéroport sur lequel il accueillera le Roi des Rois Hailé
Sélassié. Tout semble basculer sous les pieds d’une Europe fatigue par la
guerre, tandis que l’Amérique en plein guerre froide se définit comme le
grenier du monde, cela jusqu’a
l’écroulement du mur de Berlin. On pourra toujours se demander ce que Haïti a a
gagner à tenir la balance égale entre
l’Est et l’Ouest, c’était oublier que l’humanisme negre pouvait encore avoir un
mot à dire.
Et maintenant…
Depuis 1986, un
sentiment de renouveau et de lassitude s’est installe dans la société,
renforçant la perception que la précarité et l’impuissance continuent de
marquer non sans fatalisme les âmes et les esprits. Jamais, cependant on n’a été si proche de réinventer l’espérance
qui depuis les Grecs reste la principale consolation de l’espèce humaine. Mais,
pour ce faire, une certaine violence sur un certain passé incruste dans
l’inconscient collectif peut se révéler un passage oblige; car, Haïti ne peut
plus se laisser prendre a la gorge par ces fantômes qui se succèdent et se
survivent. Les années dites exaltantes ne sont pas arrives à se soustraire a
l’emprise de ces fantômes dont nous sommes malgré nous le jouet et les otages.
Le passé n’est utile que s’il apporte les ingrédients indispensables aux
édifices du futur. L’histoire ne peut plus être proustienne. L’histoire n’est
vraiment histoire que si elle débouche sur l’inédit et sur le renouveau. Il y a
eu Vertieres, mais il y a eu aussi la danse et le chant qui mènent au culte de
ce qui reste de divin en chacun de nous. Autrement dit, chacun de nous peut se
dépasser sur le plan individuel en sortant du passé collectif. A ce compte, de
belles années nous attendant.
La chance
d’Haïti n’est donc pas derrière, mais bel et bien devant elle.
Wednesday, October 3, 2012
2 EME GUERRE MONDIALE. LE PILOTE ET LE SOLDAT
I
|
ls
ne s’étaient jamais salués et ne se saluaient jamais.
Ils s’étaient finalement retrouvés en Haïti. Petion-Ville.
et habitaient deux maisons qui se trouvaient l’une en face de
l’autre. Tous les matins, ils se
croisaient, souvent au supermarket, parfois à la station d’essence
ou à la rue. Passaient dans l’indifférence, quelquefois, un pli au front. Qu’y
avait-il entre eux ? Personne ne le savait. On dirait que s’entrevoir leur
donnait presqu’un haut le cœur. Le regard qu’ils se jetaient inspirait autant
de mépris que de nausée. Ils n’étaient point haïtiens, ne s’étaient donc pas
querellés, ne s’injuriaient pas, n’avaient point entre eux des haitianneries
qui renvoyaient a des histoires de famille et de couleur épidermique.
Ils
étaient plutôt des blancs.
Y-avait-il
entre eux des relations de famille tournées au vinaigre au fil du temps ?
Non. Ni leurs filles ni leur garçons ne s’étaient mariés. Ils n’avaient pas non
plus dans leurs relations s une de ces affaires qui s’etaient achevées
dans le drame. Ils n’étaient pas non plus des diplomates occupés à étouffer un
incident ou à verser un contentieux. Arrivés tous deux en Haïti presque au
lendemain de la guerre, ils paraissaient plutôt attelés à se refaire une
vie sous les Tropiques. Haïti jouissait d’une réputation que lui avaient
fait son rhum, le farniente, et un rythme qui pouvait leur permettre de se
remettre de leur fatigue et de leurs désillusions.
Nos
deux compères le savaient.
Donc,
autant en jouir. L’Europe était loin.
Ils
ne se saluaient point, ne s’étaient jamais salués.
Ils
vivaient de souvenirs. L’âge leur avait fait un bon lot d’expériences. L’âge
aurait du les assagir. Au contraire. S’ ils avaient eu à la main un
conteau, c’eut été un drame de plus. Leur regard le disait, et leur attitude
physique également. A les voir se dévisager quelquefois, en début de
matinée, on le sentait. Deux voisins, ça invite à la cordialité. Mais, non.
Heureusement, Haïti est dans leur cas, bien un no man’s land.
Une
fois, l’un d’eux qui s’était laissé aller à un peu de sentimentalité a confié
que la Resistance est passée par les Fourches Gaudines de l’occupant, il n’y a
qu’a lire le Moulin Rouge, a –t-il ajoute. Son rictus nauséeux, sa mauvaise
humeur, s’explique donc. Ce type qu'il ne pouvait sentir, il l’a connu en des
temps difficiles.
Son
voisin, lui, s’est retrouvé en France, du côté allemand durant
l’occupation. Pilote de mobilisé après l’armistice de Juin 1940, il est rentré
chez lui. C’est là que tous les matins, il voyait passer en tenue militaire
avec au col la croix gammée son voisin occupé alors à des taches de police
ponctuelles. Tout est parti de la, et la haine et la rage à peine contenue de
notre pilote.
Ce
pilote qui était français s’appelait ...et son occupant allemand Siegel.
Ils
se sont revus en Haïti.
![]() |
| PARIS LIBERATION, AOUT 1944 |
| IL Y A 70 ANS, PARIS SE LIBERE |
Tuesday, September 25, 2012
L‘HORIZON NE S'ARRETE PAS A LA COULEUR DE LA PEAU.
Livres et Société
NDRL.
Selon, l'auteur des jacobins Noirs, la question de couleur est la malediction haitienne
Le diplomate Pierre Chavenet m’a dit un jour qu’il faudrait lire AMOUR, COLERE, FOLIE de Marie Vieux Chauvet, si l’on voulait saisir l’intensité des luttes de couleur en Haïti. Je pense avoir lu un peu trop vite ce roman venu après ce que l’on appelé les Vêpres Jeremiennes, épisode postérieur au débarquement des treize de Jeune Haïti et également postérieur au choc des castristes avec la Brigade 2056, achevé piteusement a la Baie des Cochons en 1961. La question de couleur hante comme un spectre ce roman qui donne la parole aux victimes, en diabolisant les bourreaux dans la plus pure tradition de l’opposition haïtienne née dans les alcôves et les boudoirs, en attendant de parler le langage des armes. Quelques années auparavant, Marie Chauvet avait enrichi la littérature haïtienne d’un roman historique : LA DANSE SUR LE VOLCAN. Roman un peu ambigu et très réaliste cependant qui raconte l’histoire de deux jeunes mulâtresses qui découvrent non sans rage les cicatrices laissées par le fouet du commandeur sur l’épaule de leur mère. Ce fut cette cicatrice qui scella pour le meilleur et le pire leur destin à St Domingue.
Ce qu’il
convient de retenir toutefois, ce sont les affrontements que inspireront deux
visions différentes d’un monde coince sur ses terres mais nostalgique des
lointains horizons d’une Afrique mythique et d’une Europe qui encore
aujourd’hui veut donner le ton. Des sables de l’Anse d’Hainaut aux mangliers du
Maribaroux, la bataille est moins dans les faits que dans les âmes. Personne ne
veut s’accepter et chacun s’invente un visage. Celui du maitre bien sûr, mais
celui d’un esclave qui veut jouer au maitre sans cesser d’être esclave. Le Professeur Leslie M. Manigat disait que
l’esclave domestique, proche du maitre, avait aussi ses esclaves dans les
champs. Il a oublié d’ajouter que la plus grande menace que l’on pût faire à un esclave mulâtre, c’était de le
menacer de le vendre à un affranchi noir. Le rêve de Sonthonax reste donc une grande
illusion. Chaque fois que l’on touche à la matrice de ce pays, on entend le
ricanement moqueur du commissaire français, comme si, à la manière de l’œuf de Léda,
tout était joué au départ.
Les colères de Mie Chauvet puisent leur légitimité
dans les excès d’un certain pouvoir
noir, si l’on veut appeler les choses par leur nom. On se souvient que dans les
années 63 et 64, les journaux disaient que l’on veut à présent créer une
nouvelle bourgeoisie à base de vols, de rapines et de crimes. Le problème n’en
garde pas moins sa complexité. Et l’on entendra pour longtemps encore le
ricanement de Sonthonax toutes les fois qu’on s’arrêtera à la couleur de la
peau qui est loin d’être un horizon indépassable, pour parodier
Jean Paul Sartre.
Bibliographie
Les Jacobins Noirs
Cyril Lionel Robert .James:
1938
La Danse sur le volcan
Paris : Plon, 1957
Marie Vieux Chauvet
Amour, colere et folie
1968, Gallimard
Bibliographie
Les Jacobins Noirs
Cyril Lionel Robert .James:
1938
La Danse sur le volcan
Paris : Plon, 1957
Marie Vieux Chauvet
Amour, colere et folie
1968, Gallimard
Septembre 2012
Tuesday, September 18, 2012
HAITI-LE MAL FRANCAIS
LA QUESTION HAITIENNE.-
LE JOUR OU LA FRANCE CESSA D'ETRE FRANCAISE EN HAITI
Aux yeux du peuple haitien en effet,
peuple fier et pour cause, la France a
toujours represente la finesse des manieres, l’elegance du parler, et
une certaine grace de l’esprit. C’est a peu pres a cette France que se referait
l’ ancien president Georges Pompidou quand il disait a ses
compatriotes : « Français, Francaises, nous ne sommes pas riches, mais, nous
comptons ». La France et ce qu’elle represente continue encore de
fasciner. Le General de Gaulle le savait
bien qui disait a son ministre Alain
Peyrefitte, « La France reste la
lumiere du monde ; quand tout va mal, c’est vers la France que l’on se
tourne ». Autant de symboles que le geste inattendu de son representant en Haiti vient tout
bonnement remettre en cause.
LE JOUR OU LA FRANCE CESSA D'ETRE FRANCAISE EN HAITI
E(
|
n se comportant comme il l’a fait au jubile des St Louisiens, le 23 juin
dernier, l’ambassadeur de France, M. Didier Lebret sonna le glas de l’influence francaise en
Haiti. Ce que l’on tient pour un faux pas diplomatique tombe bien mal a propos.
Dans cette Haiti en pleine
americanisation, ou la langue francaise
risque bientôt d’etre releguee aux
oubliettes, d’ici 50 ans, si l’on ne fait pas attention, M.Lebret a paru ignorer par son attitude irreverencieuse a
l’endroit d’un ancien chef d’etat haitien
qu’il y a toujours une manière
d’etre francaise,laquelle n’a rien a voir avec la bassesse morale du monde
latin. C’est de la que viendra a mon sens l’echec de sa mission dans cette
premiere republique noire de notre planete.
![]() |
| Charles de Gaule |
Consideree comme la patrie
intellectuelle et morale du monde, cette France de toujours dont les images
petillent encore dans les magazines de
voyage, aura donc servi de refuge sentimental aux Atheniens du temps des Orientales de Victor Hugo, de terre d’asile aux russes
fuyant la revolution de 1917, aux haitiens traumatises par le choc de 1915.
L’on comprend sans doute pourquoi a l’offensive de la Marne on retrouve
Haitiens et Senegalais, defendant les terres de France et cette patrie
interieure ou les valeurs de solidarite et d’humanisme trouvent encore un sens.
M. Debret devra donc retourner dans ses livres pour apprendre a etre francais,
qui se resume dans cette manière d’etre, de croire et de penser,
ensemble qui continue de faire la difference et qui donnera a ce peuple une
place toujours enviable dans le concert des natioins.
Une France Et Une Haiti Gaullienne
Cette France a-t-elle en fait vecu ? Seul M. Debret pourrait nous le
dire. En tout cas, quand on regarde de plus pres, il faut bien se rendre a
l’evidence que ruant dans les brancards, comme il le fait meme au conseil de
cabinet du Premier ministre, M. Laurent S. Lamothe,l’ambassadeur depasse la mesure en renouant avec des
reflexes de colon que l’on retrouve encore chez les Bekes de la Martinique et
de la Guadeloupe et peut etre chez ce Premier ministre francais qui revait de
lancer chez nous l’operation Rochambeau vers 2004, l’annee meme du bicentenaire
de la victoire de Vertieres. Ce n’est pas la premiere fois que de tels petits
francais oublient les lecons de
l’histoire surtout quand elle est haitienne. L’ancien PM JJHonorat a
quand meme chasse un Bernard Dufour qui
revait de jouer aux proconsuls sur l’ancienne terre de St Domingue.
Mais, c’est bien la premiere fois qu’un diplomate francais flagelle l’orgueil
national en choisissant de ceder le pas a la bete plutôt qu’a l’ange qui
cohabite chez notre espece. Or, l’homme, disait Henry Bergson, est quelque
chose qui doit etre depasse.
Il sera, helas, toujours penible
d’abonder dans le sens de M. Peyrefitte denoncant ce mal francais qui
continue de faire les malheurs de la France dans ses anciennes colonies
d’Afrique par exemple. Les ressortissants
anglo-saxons entre autres deplorent la faillite francaise partout ou la
conquete a conduit les cadres
administratifs de la metropole. La France laisse derriere elle des societes mal
integrees, des generations aux prises avec des etats d’ames et des complexes
qui n’ont pas fini de ruiner les ames, comme ce fut le cas en Haiti, des
rivalites de personnes, de couleurs et de classes capables de conduire a la
violence. La raison en est simple : la France du bon vin reste en France.
C’est sans doute a cette France que songeait De Gaulle quand il
s’ecriait des 1962 aux Algeriens son
mot historique :Je vous ai compris, a l’epoque des « fremissements
des decolonisations africaines » . C’était a notre humble avis une facon
de fermer le chapitre des injustices et des crimes lies a la conquete et a la
presence francaise dans cette Afrique du Nord, confondue dans ce qu’on appelle
depuis Benoist Meschin, le printemps arabe. Haiti, et surtout, l’Haiti de
Francois Duvalier est devenue et non sans raison gaullienne parce que De Gaulle
qui se plaisait a blamer les vacheries de
son peuple, savait egalement que l’histoire n’était pas une ligne
droite, que les societes et les dirigeants qu’elles se donnent pouvaient tout
egalement se sentir bien dans leur peau,
sous ce que les donneurs de decons epris d’eurocentrisme appelllent dictature
et pouvoir fort, meme si l’impunite blamable chez les uns pouvait bien
porter le nom de pouvoir imperial chez les autres sans ce que ces ambassadeurs
trouvent quoi que ce soit a redire.
ADIEU MAMAN, ADIEU PAPA, VIVE HAITI, VIVE LA FRANCE,!
N’empeche que La France ait connu de tres belles heures en Haiti, cette
« fille ainee de la latinite » .Parce que si etre Français, c’est
vivre et mourir pour quelque chose de plus grand que soi, les Français tombes
du cote haitien a Vertieres en novembre
1803 n’auront pas verse en vain leur
sang sur nos terres epiques sinon la
justice, le sens de l’autre et la decouverte de soi a travers l’autre n’eussent
pu transcender les petitesses et les
mesquineries individuelles qui
appartiendront toujours comme ces
ambassades a la poubelle de l’histoire.
Il n’y a point d’autre explication a l’embrigadement de francais dans l’armee
de Toussaint Louverture, pas plus qu’il n’y en a chez ces anciens conventionels venus
deliberement terminer leurs jours en Haiti, apres l’independance. Certes, il
existera toujours une histoire d’amour et de repulsion entre Haiti et la
France. Mais, cette assertion qui veut que chaque habitant de notre planete ait
deux patries : la sienne et puis la France tient encore, notamment quand
la France se trouve happee par le malheur que ce soit en 1914 ou en juin 1940.
Par sa revolution, par sa pensee, la France a toujours eu une vocation
planetaire et humaniste. Ils viennent bien sur trop tard, ces aventuriers
deguises en diplomates qui croient pouvoir reecrire une histoire a laquelle ils
sont quasi etrangers. Les Français tels que l’ancien correspondant de l’AFP
Dominique Levanti se font encore inhumer en Haiti, et des Haitiens tout aussi
connus choisissent pour sepulture l’ancienne terre de la Bauce ou la pente
inclinee d’une petite colline decrite par Flaubert ou Chateaubriand. Il n’existe pas de temoignage
plus eloquent au depassement et a la profonde verite des etres.
En 1944, a la liberation de Paris par les troupes avancees du general
Leclerc, les cloches d’une capitale qui dut servir de reference a la
mediterrannee de Charles Maurras carillonnerent comme pour exprimer la
solidarite de cette France noire a la lutte du peuple francais. C’était sous
Elie Lescot et la capitale s’appelait
P-au-P. Inoubliable ce sacrifice d’un jeune Haitien pris par les Nazis
qui s’ecria au moment d’etre fusille : Adieu maman, adieu papa, vive
Haiti, vive la France... Quand au cours d’une histoire tricentennaire et
meme plus, de tels liens ont été tisses entre une metrople et sa colonie, c’est
dire qu’il y a au dela du sang verse et du langage des armes , il y a, M.
Debret, un monde shakespearien qui veut se soustraire a la fatalite pour ceder la place a un reve
prometheen, ou les hommes decideront de leur propre avenir, selon des
choix qui relevent de ce depassement
auquel la magie de notre histoire t’invite, mon pauvre homme. Parce que « ceux qu brisent sont bien
des fois ceux qui creent, selon le president Francois Mitterand, il y aura
toujours de ces francais, heros obscurs de nos terres profondes, qui sauront en
se joignant a l’hymne universel de la creation quotidienne, sauver notre
jeunesse du doute et du desespoir. Je pense ici a un vieux professeur breton de Leogane qui avait peine a contenir
sa colere en evoquant l’acte infame d’un
capitaine allemand vis-à-vis de notre bicolore au 19 eme siecle.
DE LA M… DANS UN BAS DE SOIE
L’histoire se repete, l’histoire begaie, s’ecriait Roger
Gaillard,l’historien de l’occupation americaine
de 1915. Dommage qu’en se
repetant dans cette enceinte saintlouisienne qui n’a pas que des ombres au
tableau une presence diplomatique ait reveille ce que l’histoire depuis Paul
Valery recele d’amertume et de rancunes mal digerees. Mais, fort heureusement,
l’histoire n’a pas que le facies de Janus uniquement tourne vers le passe. En 1945, ce fut bien la petite Haiti a la
conference de San Francisco qui sans ruminer
les atrocites attachees a Leclerc et a Rochambeau sut imposer le
francais comme langue internationale pour les batailles du futur. Il y aura toujours meme chez ceux
qui restent tres peu avares du sang humain, quelque chose a tirer parce que la conquete
depasse souvent le conquerant. Le Code napoleionien reste une reference dans
l’histoire du droit haitien, sans nuire a la mémoire de l’empereur qui laissa
autant de veuves que d’orphelins . N’y a -t-il seulement que du sang chez les dictatures ? Voila
une hypothese d’ecole sur laquelle se pencher, M. Debret. La democratie a tout
l’air de ces vierges qui ne savent pas encore
si la fecondation passe d’une manière ou d’une autre par le sacrifice.
J’aurais aime emprunter a Francois Mitterand son tres beau titre :
« La paille et le grain »pour retrouver ce sens de la vie aussi bien
dans la France profonde que sur nos
terres secretes ou les labours et les saisons racontent l’interminable dialogue
de la terre et du ciel. Nos paysans qui, dans le haut Artibonite et sur les
pentes du Macaya, continuent encore de boire a la sante du roi de France
veulent tout simplement dire que la vie est permanente surtout lorsqu ‘elle
prend le masque de la mort. Au fond rien
ne meurt, pas plus que la paille du president francais ni non plus ce que la
France garde d’ivraie dans la recolte . mais, la diplomatie qui est l’art de la
politesse devra chaque jour se
reinventer et laisser croitre le bon grain de la France de Mitterand. La France
est bien sure trop grande pour chausser les bottes du petit Poucet ;
sinon, comme un Napoleon en colere parlant
aux Tuileries en janvier 1809 a
son ambigu ministre Talleyrand,ce beau monde qui se targue de parler au nom de
la France ne sera que finalement
« de la m… dans un bas de soie »
Miami, Florida
Aout 2012
LES PRODUCTIONS GLOBE ADVENTURES HORIZONS
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